
À Nanteuil-lès-Meaux, la nouvelle usine d’eau potable a quitté le chantier pour entrer dans la vie ordinaire du service. Inaugurée le 29 novembre 2025, elle est présentée en septembre 2026 comme en fonctionnement. Elle doit alimenter environ 87 000 habitants de neuf communes. Sa capacité nominale atteint 30 000 m³ par jour.
Le projet remplace une installation vieille de 63 ans. La nouvelle usine a aussi été élevée au-dessus de la cote des plus hautes eaux connues et conçue pour mieux traiter pesticides, résidus médicamenteux et autres micropolluants. Le dossier présenté par la collectivité en 2024 chiffrait le marché de construction à 30 millions d’euros. En mars 2025, le directeur de l’eau du Pays de Meaux évoquait auprès du Parisien un chantier à 36 millions d’euros TTC. Les documents publics utilisés ici ne donnent pas de coût final consolidé.
Les PFAS font partie des contaminants que la nouvelle filière est conçue pour traiter. Depuis le 12 janvier 2026, la somme de 20 de ces substances doit rester sous 0,1 µg/L dans l’eau destinée à la consommation humaine. La filière de Nanteuil utilise notamment du charbon actif en micro-grains pour retenir des micropolluants. Le 5 juin, l’ARS a mesuré 0,011 µg/L dans l’eau brute prélevée à Nanteuil et 0,013 µg/L dans l’eau traitée contrôlée sur le système de Meaux. La limite de 0,1 µg/L concerne l’eau distribuée : la mesure dans l’eau traitée en est très éloignée, tandis que l’eau brute était elle aussi faiblement chargée ce jour-là. Ces deux prélèvements ne permettent pas de mesurer l’efficacité propre du traitement.
Le même contrôle a relevé un autre paramètre hors norme. Dans l’eau traitée prélevée au réservoir Meaux Bas Service, l’ARS a mesuré 21 µg/L de bromates, pour une limite de 10. Elle a déclaré l’eau non conforme sur ce paramètre et indiqué qu’une investigation était en cours chez l’exploitant. Le 28 juillet, au même point de surveillance, un contrôle ciblé a mesuré moins de 3 µg/L de bromates et conclu à la conformité de tous les paramètres recherchés. Le bulletin du 28 juillet ne donne pas l’issue de l’investigation mentionnée en juin, ce qui interdit d’attribuer le dépassement à un équipement précis de la nouvelle usine.
La modernisation crée enfin ses propres besoins d’exploitation. En mai, le Pays de Meaux a lancé un accord-cadre pour fournir, enlever et éventuellement réactiver le charbon actif utilisé pour produire l’eau potable à Nanteuil. Renouvelable dans la limite de quatre ans, il fixe un plafond de 700 000 euros HT par période de douze mois. Ce plafond n’est pas une facture annuelle prévue, mais il montre qu’un traitement plus poussé suppose aussi des consommables, des approvisionnements et une surveillance permanente.
À Nanteuil-lès-Meaux, la reconstruction apporte surtout davantage de capacité, une meilleure protection contre les crues et des traitements supplémentaires contre les micropolluants. Le travail se joue désormais chaque jour : prélever l’eau de la Marne, ajuster les traitements, renouveler le charbon actif et contrôler ce qui repart vers les réservoirs du Pays de Meaux.
Sources consultées
- Ville de Meaux / Communauté d’agglomération du Pays de MeauxDossier de presse 2024, Eau et assainissement
- Ville de MeauxMeaux le Journal n°121
- Ministère de la Transition écologiquePFAS : surveillance de l’état des eaux de la France
- ARS Île-de-FranceContrôle sanitaire du 5 juin 2026, eau traitée
- ARS Île-de-FranceContrôle sanitaire du 28 juillet 2026
- BOAMP / Communauté d’agglomération du Pays de MeauxFourniture et enlèvement de charbon actif en micro grain destiné à la production d’eau potable