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À Champs-sur-Marne, l’éolien flottant cherche à partager ses ancres

Le 24 septembre, OASIS réunira à Champs-sur-Marne des spécialistes autour d’un problème coûteux : mutualiser les ancrages de l’éolien flottant sans créer de nouvelles fragilités.

Illustration - Ancres d’éoliennes flottantes en mer

Le 24 septembre, le bâtiment Bienvenüe de l’Université Gustave Eiffel, à Champs-sur-Marne, accueillera plus de trente spécialistes des ancrages offshore. Cette première édition d’OASIS réunira chercheurs, développeurs et ingénieurs autour d’une question qui devient plus pressante à mesure que l’éolien flottant change d’échelle : comment maintenir des dizaines d’éoliennes en mer sans multiplier les ancres, les lignes d’amarrage et les coûts ?

Parmi les organisateurs, Laura Kerner, chercheuse de l’UGE implantée sur le campus de Marne-la-Vallée, coprésidera la session consacrée aux lignes d’amarrage et aux charges. Ses travaux ont notamment porté sur l’interaction entre sols et fondations d’éoliennes offshore soumises au vent, à la houle et aux sollicitations cycliques. À l’UGE, les travaux actuels directement consacrés aux ancres partagées sont cependant principalement menés par le laboratoire de centrifugeuses géotechniques de Bouguenais, près de Nantes.

Pour une éolienne flottante, le problème est différent de celui d’une machine fixée au fond marin. Le flotteur bouge sous l’effet du vent, des vagues et des courants. Les lignes d’amarrage transmettent alors aux ancres des efforts répétés, variables et venant de plusieurs directions. Le projet français MUTANC a ainsi étudié la possibilité de partager une même ancre entre plusieurs flotteurs. Pour un scénario de parc de 100 éoliennes, France Énergies Marines estime la réduction des coûts entre 16 et 33 % selon les configurations étudiées.

L’idée n’est plus seulement expérimentale. En Norvège, les onze turbines de Hywind Tampen, installées dans 260 à 300 mètres d’eau, fonctionnent avec un système d’ancrage partagé. Mais passer d’un parc pionnier à une solution reproductible suppose encore de savoir dimensionner les pieux sous des sollicitations cycliques et multidirectionnelles, prévoir les conséquences de la défaillance d’une ligne et intégrer installation, maintenance et redondance dans les calculs économiques.

C’est précisément le chantier de MUTANC2. Lancé pour 2025-2028 avec un budget de 2 millions d’euros, le projet associe notamment France Énergies Marines, Bureau Veritas, Seaway7 et l’Université Gustave Eiffel. Son objectif est de transformer les résultats expérimentaux et numériques en méthodes de dimensionnement utilisables par les ingénieurs, tout en étudiant des configurations de lignes partagées suffisamment redondantes pour limiter l’effet d’une défaillance sur la production.

OASIS est limité à 180 participants, dont 40 places étudiantes. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 13 septembre. À Champs-sur-Marne, la dernière session du séminaire sera consacrée aux ancres mutualisées, de leur validation expérimentale à leur traduction en règles de conception.

Sources consultées
  1. Université Gustave EiffelOASIS 2026
  2. France Énergies MarinesMUTANC
  3. France Énergies MarinesMUTANC2
  4. EquinorHywind Tampen
  5. Éditions ParaliaÉvaluation de la première fréquence propre d’un modèle réduit d’éolienne offshore fondé sur monopieu