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À Serris, le réseau de chaleur se construit au rythme des nouveaux quartiers

L’enquête publique porte sur un doublet géothermique profond. À Val d’Europe, le réseau de chaleur doit s’étendre selon la densité et la livraison des futurs bâtiments.

Illustration - Forages géothermiques à Serris

À Serris, deux futurs puits doivent aller chercher la chaleur du Dogger à près de 1 800 mètres sous terre. L’enquête publique ouverte ce 7 septembre porte sur ces forages et sur une autorisation de recherche couvrant Serris, Bailly-Romainvilliers, Magny-le-Hongre, Coupvray, Chessy et Montévrain. Ce périmètre de recherche ne signifie pas que six communes seront forées : les travaux miniers demandés sont situés à Serris.

Ces forages doivent surtout alimenter le réseau de chaleur de Val d’Europe, qui dessert déjà des bâtiments à Chessy et Serris. Dans le dossier technique déposé en 2024, son tracé prévisionnel atteint 22 km. Surtout, les 18,4 km d’extensions envisagées jusqu’en 2038 doivent avancer « en fonction des besoins et de la livraison des futures constructions » dans les ZAC du Pré de Claye et des Studios et Congrès.

Le tracé a lui aussi été étudié selon la densité. Le dossier indique que certaines branches jugées défavorables ont été supprimées afin d’éviter trop de canalisations pour trop peu de bâtiments à desservir. Le réseau de chaleur suit donc une géographie assez simple : plus les logements, les écoles, les bureaux ou les commerces sont concentrés, plus il devient intéressant de mutualiser leur chauffage. À Val d’Europe, où de nouveaux quartiers continuent d’être livrés, les tuyaux peuvent ainsi être programmés en même temps que la ville.

La nouvelle centrale prévue à Serris doit renforcer la production géothermique du réseau. Les deux puits déviés atteindraient le Dogger à 1 828 mètres de profondeur verticale, après environ 2,26 km de forage, avec une eau attendue autour de 78 °C. Le dossier dimensionne la production à 19 MW pour la géothermie et les pompes à chaleur, complétée par 18 MW de chaudières d’appoint et de secours. EVVE indiquait en juillet 2025 que cet appoint serait assuré au biogaz.

Ces moyens de secours répondent à une contrainte simple : un chauffage collectif doit continuer de fonctionner pendant une pointe de froid ou lorsqu’un équipement principal est indisponible. Le réseau est déjà majoritairement alimenté par des énergies renouvelables, à 64 % selon Val d’Europe Agglomération en 2024. Au terme de son développement, EVVE vise environ 22 km de canalisations et de l’ordre de 17 000 équivalents-logements, entre habitat collectif, équipements publics et locaux commerciaux.

Le calendrier a déjà évolué : le dossier de 2024 plaçait initialement les forages en 2026, tandis que la dernière programmation publique trouvée chez EVVE, datée de juillet 2025, les annonce en 2027. Le coût actualisé du doublet et de la centrale n’apparaît pas dans les documents publics consultés. L’enquête actuelle reste donc une étape d’autorisation, ouverte jusqu’au 7 octobre à 17 heures. Les habitants peuvent déposer une observation sur le registre numérique.

À Serris, la géothermie avancera ainsi au rythme des immeubles et des équipements que le réseau devra demain chauffer.

Sources consultées
  1. Préfecture de Seine-et-Marne / Registre numériqueEnquête publique relative au projet de doublet géothermique au Dogger situé sur la commune de Serris
  2. DRIEAT Île-de-FranceCréation d’un doublet géothermique au Dogger sur la commune de Serris, de l’unité de production et du réseau de chaleur associés
  3. Val d’Europe AgglomérationVal d’Europe Agglomération lauréate du label Écoréseau de chaleur 2023
  4. Énergie Verte de Val d’EuropeÉnergie Verte de Val d’Europe : un réseau de chaleur en construction pour accompagner la transition énergétique du territoire