
À Saint-Cyr-sur-Morin, le moulin d’Archet retrouve un projet électrique. Énergie du Petit Morin, créée fin août et présidée par Cédric Picou, propriétaire du moulin, a pour objet la remise en service, la rénovation et l’exploitation de sa centrale hydroélectrique et des ouvrages nécessaires à son fonctionnement.
Cette création ne signifie pas que les travaux ont commencé. Elle donne en revanche une suite concrète à une démarche engagée en 2023 : le 12 mars 2025, la préfecture de Seine-et-Marne a reconnu au moulin un droit fondé en titre, c’est-à-dire un droit d’utiliser la force de l’eau dont l’existence remonte à avant 1789.
L’arrêté permet de mesurer précisément ce que recouvre ce vieux droit. L’administration retient une hauteur de chute de 1,55 mètre et un débit dérivable de 2 m³ par seconde. Elle fixe ainsi la « puissance maximale brute » du moulin à 30 kW. Ce chiffre décrit la force hydraulique légalement attachée au site, pas la puissance électrique qui sortirait effectivement d’une future turbine. Aucun rendement, volume annuel de production, coût ni calendrier de remise en service n’a été rendu public.
Le même arrêté fixe aussi les contraintes attachées à l’usage de l’eau. Le Petit Morin est classé comme réservoir biologique. Au moulin d’Archet, la préfecture impose un débit réservé de 0,33 m³ par seconde pour préserver la vie aquatique. Le droit ancien subsiste donc, mais son exercice doit composer avec les règles actuelles de protection de la rivière.
Le moulin possède déjà sa chute, ses ouvrages hydrauliques et un droit que l’État a reconnu après avoir constaté que les éléments essentiels permettant d’utiliser la force du Petit Morin n’étaient pas ruinés. Réemployer cet ensemble offre une voie très différente de la construction d’un nouvel équipement, mais une partie du débit doit rester dans la rivière.
Le Code de l’environnement prévoit que la remise en exploitation d’un ouvrage fondé en titre de moins de 150 kW doit être portée à la connaissance du préfet avant sa réalisation. Celui-ci peut alors fixer des prescriptions complémentaires. Aucun document public retrouvé n’atteste toutefois le début des travaux ou une remise en service effective du moulin d’Archet.
Le projet renoue avec une histoire déjà électrique. En 2022, un reportage de TF1 montrait Cédric Picou dans le moulin et rappelait que l’ancien moulin à grains avait produit de l’électricité dès la fin du XIXe siècle.
À 30 kW de puissance hydraulique maximale, le site ne changera pas le bilan énergétique de la Seine-et-Marne. Il montre plutôt ce que peut devenir aujourd’hui un patrimoine hydraulique encore fonctionnel : une petite source d’énergie possible, à condition de faire avec la rivière telle qu’elle est désormais protégée. Le droit d’eau et la société existent désormais ; aucun début de travaux ni retour de la production n’est encore publiquement documenté au moulin d’Archet.