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Bus EVE : au Val d’Europe, les transports tentent de rattraper la ville

Du 14 septembre au 15 octobre, le Bus EVE revient en concertation. À 124 millions d’euros, il doit mieux relier Esbly, Chessy, le Val d’Europe et Jossigny.

Illustration - Bus EVE au Val d'Europe

Le Bus EVE revient devant les habitants du 14 septembre au 15 octobre. Le projet est désormais beaucoup plus précis : 8,4 km de voies réservées, douze stations entre la gare d’Esbly et le Grand Hôpital de l’Est Francilien à Jossigny, 11 600 voyageurs attendus chaque jour et 124 millions d’euros d’infrastructure, hors achat des bus.

Cette somme ne finance pas simplement une nouvelle ligne. EVE doit créer un axe de transport moins dépendant des embouteillages, avec priorité aux carrefours et un bus jusqu’à toutes les cinq minutes aux heures de pointe. Son tracé doit franchir le RER A, le canal de Meaux à Chalifert ou encore la ligne Esbly-Crécy, tout en intégrant une continuité cyclable. Une partie de l’espace nécessaire est déjà prévue dans le doublement de plusieurs grandes voiries du Val d’Europe.

Surtout, la ligne doit relier des morceaux du territoire aujourd’hui dépendants de correspondances routières moins fiables. À Esbly, elle rejoindra la ligne P vers Meaux et Paris. Elle passera ensuite par Marne-la-Vallée-Chessy, puis la gare du Val d’Europe sur le RER A, avant de poursuivre vers Montévrain et l’hôpital de Jossigny. EVE doit notamment améliorer la liaison entre Esbly et le RER A.

Sur le territoire étudié, les projections de l’Institut Paris Region reprises par Île-de-France Mobilités font état de 23 700 habitants et 20 000 emplois supplémentaires entre 2025 et 2035. EVE doit notamment desservir les nouveaux quartiers de Coupvray et de Montévrain, les pôles de Chessy et du Val d’Europe, Disney et l’hôpital.

Mais la ville a avancé plus vite que son bus. Les premières études remontent à 2014, une première concertation a eu lieu en 2015 et le schéma de principe ainsi que le dossier d’enquête publique ont été approuvés en février 2021. Le calendrier de l’époque envisageait encore une mise en service autour de 2027. Cette échéance a disparu du programme actuel : Île-de-France Mobilités prévoit désormais les études d’avant-projet et l’enquête publique en 2027, sans annoncer de date d’ouverture.

Le projet a aussi changé entre-temps. Le doublement de l’avenue Schuman porté par les aménageurs du secteur a notamment obligé à revoir son insertion. C’est l’une des raisons données par Île-de-France Mobilités pour organiser une deuxième concertation avant l’enquête publique. Les grands choix de tracé ne repartent donc pas de zéro, mais les contributions peuvent encore conduire à ajuster le projet avant les dernières études.

Réserver de la capacité aux transports collectifs paraît cohérent avec la croissance du Val d’Europe : cela évite de laisser les nouveaux quartiers dépendre uniquement de routes de plus en plus chargées. L’histoire d’EVE révèle toutefois une difficulté moins flatteuse : faire arriver l’infrastructure au même rythme que les logements, les emplois et les équipements qu’elle doit desservir.

À partir du 14 septembre, habitants et usagers pourront participer à la concertation sur le Bus EVE, avant l’enquête publique annoncée pour 2027. Entre Esbly, Chessy, le Val d’Europe et Jossigny, la ligne est désormais précisément dessinée. Sa date d’arrivée, elle, ne l’est toujours pas.

Sources consultées
  1. Île-de-France MobilitésBus EVE – Esbly - Val d'Europe
  2. Île-de-France MobilitésÎle-de-France Mobilités poursuit l'agrandissement du réseau francilien
  3. Île-de-France MobilitésLe projet - Bus EVE – Esbly - Val d'Europe
  4. Île-de-France MobilitésUne nouvelle concertation du 14 septembre au 15 octobre 2026 !