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Piscine de Grandpuits : pourquoi une anomalie vieille de neuf ans conduit à la fermeture

La piscine intercommunale doit fermer le 1er septembre, après une crise de financement et de gouvernance née d'une situation statutaire remontant à 2017.

Illustration de la piscine de Grandpuits

La piscine intercommunale de Grandpuits doit fermer au public, aux écoles et aux clubs le 1er septembre. Le SMIVOM de la région de Mormant, qui la gère, invoque près de 280 000 euros de cotisations 2026 non encaissées et dit ne plus pouvoir assurer toutes ses charges. Au 24 août, le syndicat maintient cette fermeture dans sa communication officielle.

L’affaire ne commence pourtant pas avec un budget qui dérape. Elle remonte à la disparition, en 2017, de la communauté de communes de l’Yerres à l’Ancœur. Les statuts préfectoraux de 2013 montrent le montage d’alors : cette communauté adhérait au SMIVOM pour sept communes, tandis que six autres communes en étaient directement membres. Après sa dissolution, la situation des sept premières devait donc être régularisée.

Selon le SMIVOM et la question écrite déposée à l’Assemblée nationale, la préfecture a demandé cette régularisation en 2026. D’après le syndicat, Bréau et La Chapelle-Gauthier ont voté contre leur réadhésion. Mormant n’a pas accepté de revenir aux conditions existantes : le SMIVOM indique que la commune demandait auparavant une révision de la clé de financement et de la représentation politique. Faute d’accord, le comité syndical a constaté fin juillet une « paralysie institutionnelle ».

C’est à ce moment que le défaut juridique devient un problème de caisse. Selon le syndicat, La Chapelle-Gauthier n’a pas versé 67 564 euros attendus pour 2026 et 211 850 euros restent dus par Mormant, soit 279 414 euros au total. Le SMIVOM a donc décidé de conserver sa trésorerie pour les salaires et les droits de ses agents, de mettre le bassin en hivernage et de réduire les dépenses au minimum.

Le conflit ne se résume toutefois pas à des communes qui refuseraient de payer. Mormant a publié sa propre mise au point et dit vouloir corriger certains « oublis » du communiqué du président du SMIVOM. La question écrite publiée à l’Assemblée nationale le 18 août rapporte aussi que la commune avait voté le principe d’une réintégration sous conditions, avec notamment une nouvelle répartition financière, une gouvernance revue et un audit de l’équipement. Ces demandes n’ont pas débouché sur un compromis.

La piscine est pourtant difficile à remplacer à l’échelle d’une petite commune. Située à cinq minutes de Mormant, elle compte deux bassins et accueille cours de natation, activités aquatiques, scolaires et associations. La question parlementaire évoque un club de près de 400 adhérents et neuf salariés.

La coopération intercommunale apparaît ici dans ce qu’elle a de plus matériel : la piscine existe parce que plusieurs communes en partagent la facture et les décisions. La régularisation laissée en suspens depuis la réorganisation territoriale de 2017 a rouvert ces deux sujets en même temps.

Sauf nouvel accord avant la rentrée, ce ne sera donc ni une panne ni un chantier qui fermeront les deux bassins de Grandpuits le 1er septembre. Ce sera, à ce stade, l’absence d’accord au sein du syndicat sur les conditions permettant de continuer à les faire fonctionner.

Sources consultées
  1. SMIVOM de la région de MormantCommuniqué Piscine de Grandpuits
  2. Préfecture de Seine-et-MarneRecueil des actes administratifs du 8 août 2013, statuts du SMIVOM de la région de Mormant
  3. Ville de MormantInformations de la ville au sujet de la fermeture de la piscine de Grandpuits
  4. Assemblée nationaleQuestion écrite n° 17772 : Désaccords statutaires menaçant la piscine de Grandpuits