
Une vingtaine de pancartes, près de 120 personnes et trois revendications. Jeudi 13 août à Melun, FUTUR et Projet Animaux Zoopolis (PAZ) ont manifesté devant la préfecture pour réclamer un répit pour la faune après les incendies de Fontainebleau : arrêt des abattages d’animaux blessés, deux ans sans chasse dans les secteurs sinistrés et leurs zones refuges, et report de l’ouverture nationale.
Le rassemblement intervient une semaine après un épisode qui a cristallisé la colère. Selon Le Parisien, un lieutenant de louveterie mandaté par la préfecture a abattu le 6 août deux cervidés agonisants, gravement brûlés. La préfecture a présenté l’intervention, toujours selon le quotidien, comme des tirs sanitaires et non comme une partie de chasse. FUTUR et PAZ contestent cette réponse létale et demandent que le soin aux animaux blessés soit davantage privilégié lorsque leur état le permet.
Un mois après le début de l’après-incendie, la faune reste au cœur des opérations. L’ONF chiffre à 2 000 hectares, environ 10 % du massif, la surface parcourue par les incendies et compte quatre réserves biologiques touchées. L’établissement souligne que les animaux déplacés doivent retrouver leurs repères.
La demande des associations n’est pas seulement tournée vers l’ouverture générale de la chasse, fixée au 20 septembre en Seine-et-Marne. Avant cette date, certains prélèvements de grand gibier sont déjà possibles sous autorisation préfectorale : sanglier à l’affût ou à l’approche dès juin, chevreuil dans des conditions comparables, et battues au sanglier du 15 juillet au 14 août. Le moratoire demandé aurait donc des effets avant même l’ouverture générale.
Sur la durée du répit, les revendications elles-mêmes sont moins simples qu’un chiffre. Pour le rassemblement de Melun, FUTUR et PAZ ont demandé deux ans sans chasse dans les secteurs sinistrés et les zones où se replient les animaux. Dans sa campagne plus générale sur les forêts incendiées, FUTUR demande toutefois que la reprise dépende de l’état des habitats, des ressources alimentaires et des populations animales, après expertise.
La Fédération départementale des chasseurs ne nie pas les conséquences du feu sur la faune. Dès juillet, elle annonçait qu’elle devait les évaluer avec l’ONF et l’Office français de la biodiversité. Le désaccord porte désormais sur la conséquence à tirer de ce diagnostic : maintien des règles de gestion habituelles, restrictions ciblées ou véritable moratoire, et sur quel périmètre.
Jeudi, les associations ont porté leur réponse jusque devant la préfecture de Melun. À Fontainebleau, l’après-incendie se mesure désormais aussi en parcelles refuges, populations animales et durée de tranquillité à leur accorder.
Sources consultées
- FUTUR AssociationInterdisons la chasse dans les zones incendiées
- Le Parisien« Les animaux ne se gèrent pas à coups de fusils » : après les incendies de Fontainebleau, des associations réclament l’arrêt de la chasse
- Office national des forêtsIncendie du massif forestier de Fontainebleau, faisons le point
- Préfecture de Seine-et-MarnePériodes d’ouverture et modalités de la chasse en Seine-et-Marne
- Fédération départementale des chasseurs de Seine-et-MarneIncendies en Seine-et-Marne : les chasseurs mobilisés aux côtés des secours