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Pourquoi Madrigall installe 300 robots pour ses livres en Seine-et-Marne

Madrigall prépare pour juin 2028 un centre doté de 300 robots et de 300 000 bacs pour distribuer plus de 200 000 références.

Illustration - Robots préparant des commandes de livres

Madrigall prépare en Seine-et-Marne un centre de distribution équipé d’environ 300 000 bacs de stockage et de 300 robots. Le groupe de Gallimard, Flammarion et Casterman prévoit sa mise en service en juin 2028, après l’obtention des dernières autorisations.

Le nombre de robots attire l’œil. La difficulté qu’ils devront résoudre est plus intéressante : distribuer un catalogue immense dont les rythmes de vente varient fortement d’un titre à l’autre.

Sodis et Union Distribution, les deux filiales logistiques de Madrigall, préparent ensemble plus de 80 millions de volumes par an, parmi plus de 200 000 références. La même organisation doit conserver disponibles des titres vendus à quelques exemplaires, envoyer chaque semaine les nouveautés aux libraires et réagir lorsqu’un prix littéraire provoque une hausse brutale des commandes.

À cela s’ajoute le retour des invendus, une particularité exigeante de la chaîne du livre. À Lagny-sur-Marne, qui assure le réassort et la gestion des retours pour Sodis, ceux-ci représentent environ 20 % à 25 % des flux. Le site de Crégy-lès-Meaux traite les nouveautés. Lorsque les capacités internes sont dépassées, une partie du stockage est confiée à des prestataires extérieurs.

Les entrepôts ne partent pas de zéro : leurs équipements mécanisés actuels ont été installés au début des années 2000. Le futur centre doit réunir plus étroitement le stockage, la préparation des commandes, la circulation des cartons et la constitution des palettes.

Le système AutoStore choisi par Madrigall empile les bacs dans une structure compacte. Des robots circulent au-dessus, extraient les bacs recherchés puis les apportent aux postes de travail. Ils ne sélectionnent donc pas à eux seuls chaque ouvrage : ils évitent surtout aux préparateurs de parcourir les rayonnages et permettent de concentrer davantage de références dans un même espace. Kardex fournira aussi le logiciel qui coordonnera l’installation, les convoyeurs, la manutention des cartons et la palettisation robotisée.

La technologie est déjà exploitée dans de nombreux secteurs. L’innovation tient ici à son déploiement à grande échelle dans une activité où la profondeur du catalogue, les pics de demande et les retours rendent la prévision particulièrement difficile. Le fournisseur ne publie cependant aucun objectif propre au projet concernant le débit, les délais ou la réduction des erreurs.

Le centre fait partie d’une réorganisation plus large de Madrigall. Les activités de Sodis et d’Union Distribution doivent être progressivement concentrées entre le nouveau site seine-et-marnais et celui de Sermaises, dans le Loiret, selon un calendrier allant de 2028 à 2031. La commune retenue, le montant de l’investissement et ses conséquences précises sur les emplois et les sites actuels ne sont pas encore connus.

Le projet n’invente donc pas une nouvelle espèce de robot. Il applique à la distribution du livre un outil industriel désormais éprouvé, mais à une échelle inhabituelle. Si les autorisations sont obtenues et le calendrier tenu, la Seine-et-Marne accueillera en 2028 une pièce centrale du dispositif chargé d’acheminer vers les libraires aussi bien les nouveautés de la rentrée que les titres discrets du fonds Madrigall.

Sources consultées
  1. KardexKardex fournira une solution d’automatisation pour le nouveau centre de distribution à haut débit du Groupe Madrigall
  2. Republik SupplySodis (Gallimard) : « Dans l’édition, nous avons des enjeux économiques et des enjeux de service »
  3. Centre de diffusion de l’éditionNotre métier : la diffusion-distribution
  4. ActuaLittéMadrigall lance un vaste plan pour moderniser sa distribution