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La Seine-et-Marne cartographie les décalages de son économie

Une nouvelle toile chiffre 38 milliards d’euros d’achats hors du département et identifie une cinquantaine de pistes pour mieux relier les entreprises locales.

Carte des flux économiques seine-et-marnais

Le Département a publié le 30 juillet une carte des flux qui traversent l’économie seine-et-marnaise. Elle évalue la production locale à 64 milliards d’euros, les échanges entre acteurs du département à 34,7 milliards et les achats réalisés hors de ses frontières à 38 milliards. Dans l’autre sens, 29 milliards d’euros de biens et de services sont vendus ailleurs.

Ces « importations » ne viennent pas toutes de l’étranger. Les deux tiers proviennent du reste de la France. La toile montre surtout que ce que produit le département ne correspond pas exactement à ce que ses habitants, ses administrations et ses entreprises achètent.

L’agriculture rend ce décalage visible. La Seine-et-Marne exporte 88 % de sa production agricole, tandis que 69 % des achats locaux de produits agricoles sont satisfaits depuis l’extérieur. Un grand territoire céréalier ne produit évidemment pas toute la diversité de denrées qu’il consomme. Mais ce croisement montre pourquoi la présence de producteurs locaux ne garantit pas, à elle seule, une économie fonctionnant en circuit court.

Après avoir présenté des entreprises dans la démarche Made in 77, le Département cherche ainsi à cartographier leurs relations possibles. Il ne s’agit pas seulement de fabriquer davantage, mais de rapprocher un acheteur d’un fournisseur voisin, de mutualiser de la maintenance ou de trouver un débouché à une matière jusque-là éliminée.

À Aulnoy, une filière préexistante illustre le mécanisme recherché, sans être présentée comme l’un des cinquante chantiers issus de la toile. Planète Chanvre travaille avec des agriculteurs du nord du département, tandis que Wall’Up transforme à proximité le chanvre en panneaux préfabriqués pour le bâtiment.

L’étude menée avec le cabinet Utopies a d’abord quantifié les flux en mars 2026. Son second volet, conduit en juin, a recherché des rapprochements possibles entre secteurs déjà implantés. Le Département affirme avoir identifié une cinquantaine de chantiers prioritaires : achats mutualisés, sous-traitance, reconditionnement, partage de compétences ou valorisation de coproduits. Beaucoup concerneraient des services comme la maintenance, l’ingénierie et l’informatique plutôt que l’arrivée de nouvelles usines. Des ateliers pourraient être organisés avec la CCI, les intercommunalités et les fédérations professionnelles.

La liste détaillée de ces chantiers, leur calendrier et le millésime des données économiques agrégées ne sont toutefois pas publiés. Même limite pour le chiffre le plus spectaculaire : selon le modèle, relocaliser 10 % des importations représenterait 3,8 milliards d’euros de production supplémentaire et l’équivalent de 23 600 emplois directs. C’est un scénario de potentiel, pas une prévision d’embauches.

La toile fournit donc un outil de prospection au Département, qui peut mettre les entreprises en relation mais ne décide pas de leurs achats. Son utilité se mesurera à un contrat de maintenance confié dans le département, à un équipement partagé ou à un coproduit trouvant preneur à quelques kilomètres.

Sources consultées
  1. Conseil départemental de Seine-et-MarneLa toile du métabolisme économique de la Seine-et-Marne
  2. Conseil départemental de Seine-et-MarneLa Toile du métabolisme économique de la Seine-et-Marne
  3. Conseil départemental de Seine-et-MarneFace aux vulnérabilités : construire un territoire robuste
  4. Préfecture de Seine-et-MarneVisite officielle à Aulnoy