
Avant de devenir une marche d’environ 3 000 kilomètres vers Nauplie, Mnémosyne commence par quatre haltes en Seine-et-Marne. Le départ annoncé mercredi 29 juillet à Paris doit conduire l’artiste Ridha Dhib à Brie-Comte-Robert, puis à Melun, Grez-sur-Loing et Égreville jusqu’au 1er août.
Ridha Dhib doit passer sa première nuit au presbytère de Brie-Comte-Robert, confié à la Communauté Saint-Martin par la paroisse de Brie. Jeudi, le Musée d’art et d’histoire de Melun reçoit l’artiste pour la seule rencontre publique annoncée dans le département. Vendredi, il rejoindra l’Hôtel Chevillon de Grez-sur-Loing, avant une hospitalité privée à Égreville.
Chaque lieu d’accueil entre dans l’archive du voyage, avec les données produites pendant la marche. Pendant cent jours, l’œuvre avancera ainsi grâce à des institutions, une communauté religieuse, une résidence et des particuliers qui acceptent de recevoir le marcheur.
À Melun, le public pourra rencontrer Ridha Dhib jeudi 30 juillet, de 16 heures à 17 heures, au musée, 5 rue du Franc-Mûrier. L’entrée est libre. Aucun horaire de passage n’est publié pour les trois autres communes.
Plasticien franco-tunisien né en 1966, Ridha Dhib a placé la marche au centre de son travail depuis une vingtaine d’années. Il a déjà relié Paris à Sousse en 2019, puis Paris à Mardin en 2022. Pour Mnémosyne, une ceinture cardiaque enregistre son rythme tandis qu’un téléphone conserve la trace GPS. Chaque soir, ces données doivent être archivées puis transformées par une intelligence artificielle en un court récit. « Je n’archive pas une distance, j’archive le coût vital d’un passage », résume l’artiste.
La marche doit durer cent jours, jusqu’au 5 novembre. À Nauplie, l’œuvre doit s’achever par une restitution de dix minutes, préparée avec le Département des arts performatifs et numériques de l’Université du Péloponnèse.
À Grez-sur-Loing, le voyage rejoint une histoire locale ancienne. Dès la seconde moitié du XIXe siècle, l’Hôtel Chevillon accueillait des artistes étrangers venus travailler près du Loing et de la forêt de Fontainebleau. Il est aujourd’hui le siège de la Fondation Grez-sur-Loing, qui y accueille des artistes scandinaves en résidence.
Les premiers jours de Mnémosyne dépendront donc autant des lieux d’accueil que de l’effort du marcheur. À Brie-Comte-Robert, Melun, Grez-sur-Loing et Égreville, le long voyage commencera par un presbytère, un musée, une résidence et une hospitalité privée.