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France Travail : en Seine-et-Marne, 5,9 % d’inscrits en plus ne signifie pas 5,9 % de chômage en plus

La Seine-et-Marne compte 119 610 inscrits en catégories A, B et C. Les nouvelles règles de France Travail brouillent la comparaison avec 2025.

Illustration de statistiques de l’emploi

Au deuxième trimestre 2026, 119 610 personnes sont inscrites à France Travail en Seine-et-Marne dans les catégories A, B et C, soit 6 690 de plus qu’un an auparavant. Cette hausse de 5,9 % ne signifie pourtant pas que le chômage y a augmenté dans les mêmes proportions.

Parmi ces inscrits tenus de rechercher un emploi, 73 140 n’ont exercé aucune activité pendant le mois. Les 46 470 autres ont travaillé de manière réduite. France Travail recense aussi 8 548 personnes orientées vers un parcours social et 6 218 encore en attente d’orientation, dans deux catégories créées en 2025.

Cette extension du périmètre brouille la comparaison avec l’année précédente. Depuis janvier 2025, les demandeurs et bénéficiaires du RSA, les jeunes suivis par les missions locales et les personnes accompagnées par Cap emploi sont inscrits automatiquement, puis répartis selon leur situation.

Les sorties ont également changé. Depuis juin 2025, un manquement aux obligations entraîne d’abord une « suspension-remobilisation », avant une éventuelle radiation. Le nouveau dispositif s’est accompagné d’une baisse des radiations. Or l’ancienneté est calculée en continu : une sortie d’une seule journée remet le compteur à zéro. Des radiations moins nombreuses peuvent donc contribuer à augmenter le stock d’inscrits et leur ancienneté, indépendamment de la seule conjoncture économique.

L’écart est loin d’être marginal. En France, les catégories A, B et C augmentent officiellement de 3,2 % sur un an. Une série complémentaire, qui écarte les nouveaux publics et corrige les changements de procédure, estime au contraire une baisse de 0,9 %. Sur le seul deuxième trimestre, la hausse passe de 1,3 % dans la série principale à 0,4 % après correction. Aucun calcul équivalent n’est publié pour la Seine-et-Marne : il est donc impossible d’attribuer précisément ses 5,9 % à l’évolution du marché du travail.

Les inscriptions longues progressent bien dans le département. France Travail compte 52 880 personnes présentes depuis au moins un an, soit 44,2 % des catégories A, B et C et 11,9 % de plus qu’un an auparavant. Mais la Seine-et-Marne n’est pas une exception : la hausse atteint 11,6 % dans toute l’Île-de-France, où la part des inscriptions longues est même supérieure, à 45,3 %.

Les indicateurs indépendants de l’Insee décrivent néanmoins un marché local un peu moins favorable qu’un an plus tôt. Au premier trimestre 2026, le taux de chômage seine-et-marnais atteint 7,6 %, en hausse de 0,6 point sur un an. Dans le même temps, l’emploi salarié recule de 0,1 % sur trois mois, mais reste supérieur de 0,4 % à son niveau de mars 2025. Le chômage a donc progressé tandis que l’emploi a peu évolué, un tableau bien moins marqué que la hausse brute de 5,9 % des inscrits.

Dans les agences et chez leurs partenaires, ces 119 610 inscriptions correspondent à autant de personnes à orienter ou à accompagner. Pour mesurer l’état de l’économie départementale, ce total brut ne suffit plus.

Sources consultées
  1. DRIEETS Île-de-France, France Travail et DaresLes inscrits à France Travail en Seine-et-Marne au 2e trimestre 2026
  2. France Travail et DaresInscrits à France Travail au 2e trimestre 2026
  3. France TravailLoi pour le plein emploi : évolution des statistiques sur les inscrits à France Travail en janvier 2025
  4. InseeAu premier trimestre 2026, l’emploi salarié est stable ou quasi stable dans presque toutes les régions