
À Chelles, la lutte contre le moustique tigre passe cet été par les écoles, les gymnases et les bouches d’égout. La Ville annonce plus de 200 pièges dans 44 équipements, tandis qu’un traitement larvicide biologique est prévu dans les avaloirs. Trois passages doivent avoir lieu en juillet, août et septembre.
Les pièges décrits par la municipalité imitent un lieu de ponte. Attirée par l’eau, la femelle entre dans le récipient puis reste collée sur une plaque engluée. Dans les avaloirs, les intervenants doivent appliquer un traitement larvicide biologique avant l’émergence des moustiques adultes. Le plan agit ainsi sur deux maillons de la reproduction, plutôt que de pulvériser régulièrement un insecticide dans les cours et autour des bâtiments.
La Ville intervient en prévention sur les sites publics qu’elle gère. L’Agence régionale de santé assure la surveillance sanitaire et peut déclencher des opérations autour des lieux fréquentés par une personne atteinte de dengue, de chikungunya ou de Zika. L’opération chelloise relève donc de la prévention locale, et non d’une intervention sanitaire déclenchée par un cas déclaré.
Le moustique transforme ainsi de petits ouvrages banals en points sensibles : une gouttière bouchée, un avaloir où l’eau demeure, un récipient oublié dans une cour. Son implantation est désormais très étendue en Île-de-France, où plus de 82 % des habitants vivent dans des communes colonisées. La commune peut surveiller ses écoles et ses équipements sportifs. Elle ne maîtrise pas les coupelles, récupérateurs d’eau et jardins situés autour. Les habitants qui pensent avoir reconnu l’insecte peuvent également le signaler sur le portail national de l’Anses.
Le nombre de pièges ne dira donc pas, à lui seul, si la campagne fonctionne. Selon l’Anses, ces dispositifs peuvent réduire les populations de moustiques lorsqu’ils sont assez nombreux, entretenus et associés à la suppression des gîtes larvaires. Mal suivis, certains pièges peuvent même devenir des lieux de reproduction. La Ville ne précise ni le coût de l’opération, ni son prestataire, ni les indicateurs qui permettront d’en mesurer le résultat.
Associer pièges et traitement larvaire permet d’agir à la fois sur les femelles et sur les larves. La portée du dispositif dépendra toutefois d’un travail moins visible que l’installation initiale, celui qui consiste à relever les pièges, contrôler les avaloirs et recommencer après chaque accumulation d’eau.
À Chelles, la campagne annoncée se jouera désormais entre deux passages d’intervenants, dans les grilles d’évacuation et les recoins humides des 44 écoles et gymnases.
Sources consultées
- Ville de ChellesLutte contre le moustique tigre : la Ville protège vos espaces
- LégifranceDécret n° 2019-258 du 29 mars 2019 relatif à la prévention des maladies vectorielles
- Agence régionale de santé Île-de-FranceLutte contre le moustique tigre en Île-de-France : surveillance et gestes de prévention
- AnsesLes pièges à moustiques sont-ils vraiment efficaces ?