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Pourquoi la Seine-et-Marne compte si peu de plages en rivière

Depuis le 23 juin, la baignade est interdite hors zones aménagées dans les grandes rivières du département. Ouvrir une plage exige bien plus qu’une eau propre.

Baignade surveillée dans la Marne

La Seine-et-Marne porte l’eau jusque dans son nom, mais la baignade est interdite dans ses quatre grandes rivières hors des zones aménagées. Depuis le 23 juin, un arrêté préfectoral couvre la Seine, la Marne, le Loing et l’Yonne sur toute leur traversée du département. La règle s’étend aux lacs, étangs, gravières et autres plans d’eau non aménagés. La violation de l’arrêté peut être sanctionnée d’une amende allant jusqu’à 150 euros.

Le département n’est pourtant pas dépourvu de baignades. L’Agence régionale de santé recense neuf sites accessibles au public pour la saison 2026, le total le plus élevé d’Île-de-France. Le chiffre comprend deux bassins distincts à Champs-sur-Marne et surtout des sites de loisirs aménagés, comme Jablines-Annet, Vaires-Torcy, Bois-le-Roi, Varennes-sur-Seine ou Souppes-sur-Loing.

Meaux offre une autre relation à l’eau. Au chemin des Pâtis, la plage accueille les baigneurs dans la Marne du 5 juillet au 23 août, tous les jours de 11 h à 20 h. Cette portion de rivière n’est pas devenue fréquentable par la seule amélioration de sa qualité sanitaire. La ville a délimité un espace, fixé des horaires, organisé la surveillance et prévu les secours.

Une baignade publique est ainsi un service à construire autour de l’eau. L’ARS contrôle notamment les concentrations en Escherichia coli et en entérocoques intestinaux, tandis que l’exploitant réalise ses propres analyses. Mais une rivière propre peut rester dangereuse. L’arrêté préfectoral mentionne les courants imprévisibles, les hauts-fonds, les siphons, les obstacles immergés et la faible visibilité sous l’eau. Sur la Seine et la Marne, la navigation ajoute les remous, l’effet d’aspiration des bateaux et le risque de collision.

Transformer une berge en plage prend donc du temps. La DRIEAT estime à deux ans le délai moyen d’un projet. La collectivité doit étudier plusieurs possibilités d’implantation, examiner la navigation, la sécurité et l’environnement, puis obtenir les autorisations nécessaires pour les travaux et l’occupation du domaine fluvial. Elle doit enfin assurer la surveillance chaque été.

L’arrêté du 23 juin apporte une règle commune là où les interdictions municipales étaient dispersées. Il protège rapidement, mais n’ouvre aucun nouvel accès à l’eau. Une plage fluviale dépend d’une commune ou d’une intercommunalité prête à porter le projet, puis à le faire fonctionner année après année.

Au chemin des Pâtis, la frontière entre la rivière interdite et la baignade publique tient à quelques bouées, des analyses régulières et une équipe de surveillance. Partout ailleurs, la même eau reste à regarder depuis la berge.

Sources consultées
  1. Préfecture de Seine-et-MarneArrêté CAB/SIDPC n° 2026-1008 portant interdiction générale de la baignade
  2. Agence régionale de santé Île-de-FranceLa qualité des eaux de baignade en Île-de-France
  3. Ville de MeauxMeaux les Bains
  4. DRIEAT Île-de-FranceCréation d’un site de baignade : les étapes à respecter pour réussir son projet