Article

À Melun, le tri des déchets hospitaliers se joue avant le passage du camion

Le GHSIF engage 764 000 € HT sur quatre ans pour cinq flux de déchets à Melun et Brie-Comte-Robert, et prévoit d’étendre son banaliseur de DASRI à d’autres établissements du Sud 77.

Illustration - Conteneurs de déchets devant un hôpital

Depuis le 1er juillet, trois entreprises se partagent l’évacuation de cinq catégories de déchets produites par les hôpitaux de Melun et de Brie-Comte-Robert. Le Groupe hospitalier Sud Île-de-France a attribué ces cinq lots pour quatre ans, dans la limite totale de 764 000 € HT.

Le marché couvre les sites Marc-Jacquet, Santépôle 1 et 2, ainsi que l’hôpital de Brie-Comte-Robert. Aubine prend en charge les déchets assimilés aux ordures ménagères et les encombrants, Paprec France les cartons, Triadis Services les déchets cytotoxiques et les effluents.

Avant attribution, le GHSIF estimait les lots à 592 000 € pour les déchets ordinaires, 63 000 € pour les cartons, 52 000 € pour les effluents, 37 000 € pour les déchets cytotoxiques et 20 000 € pour les encombrants. Les prestations sont facturées à des prix unitaires, au fil des bons de commande.

Tout se joue d’abord dans les services. Dans un établissement de 1 161 lits et places, le déchet doit être identifié dès son lieu de production. Une erreur de tri peut faire basculer un déchet banal dans une filière quatre à six fois plus chère, selon l’Agence régionale de santé.

Le marché attribué ne comporte aucun lot consacré aux déchets d’activités de soins à risques infectieux, les DASRI. Il ne décrit donc qu’une partie de la chaîne. Depuis mai 2023, le Santépôle possède un équipement qui désinfecte sur place certains de ces déchets. Après ce prétraitement, ils peuvent rejoindre la filière des déchets non dangereux, tout en restant soumis aux mêmes règles de traçabilité.

Le GHSIF envisage désormais d’étendre l’usage de cette installation aux autres hôpitaux et Ehpad du groupement hospitalier Sud 77. Son projet d’établissement présente cette mutualisation comme un moyen de limiter les transports, de réduire la dépendance aux incinérateurs franciliens et de contenir les coûts d’incinération.

Cette mutualisation reste à organiser et à autoriser. Elle suppose de recruter un opérateur supplémentaire, d’allonger les horaires de fonctionnement, d’organiser la collecte entre les établissements et d’accomplir les démarches réglementaires nécessaires pour recevoir les déchets de plusieurs producteurs. Certains résidus resteront par ailleurs exclus de la machine et devront continuer à suivre une filière spécialisée.

Le GHSIF ne publie ni les tonnages actuellement traités à Melun ni la part de ses DASRI encore expédiée à l’extérieur. Le marché plafonné à 764 000 € organise donc l’évacuation des cinq flux déjà externalisés. Pour les déchets infectieux, l’étape suivante consiste à traiter davantage de conteneurs au Santépôle plutôt qu’à les expédier vers une filière extérieure.

Sources consultées
  1. Bulletin officiel des annonces des marchés publicsAvis d’attribution de marché n° 26-68885 du 9 juillet 2026
  2. Bulletin officiel des annonces des marchés publicsAvis de marché n° 26-39373 du 17 avril 2026
  3. Groupe hospitalier Sud Île-de-FranceConvergence(s) 2030, projet d’établissement 2025-2030
  4. Agence régionale de santé Île-de-FranceDéchets d’activités de soins à risques infectieux
  5. Groupe hospitalier Sud Île-de-FranceLe mot du Directeur