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À Bussy-Saint-Georges, Cryopal fabrique des cuves pour le froid extrême

Sortie du giron d’Air Liquide en 2022, la PME fabrique des cuves pour l’oxygénothérapie et la conservation biologique, tout en cherchant de nouveaux marchés à l’export.

Cuves cryogéniques dans une usine

Dans l’atelier de Cryopal à Bussy-Saint-Georges, des tôles d’acier inoxydable deviennent des réservoirs capables de contenir de l’oxygène liquide autour de -180 °C ou de l’azote à -196 °C. Assemblage, soudage, isolation sous vide et emballage sont réalisés sur place. La visite organisée cette semaine par la CCI et Business France éclaire surtout le défi actuel de cette usine: transformer un savoir-faire hérité d’Air Liquide en une PME industrielle autonome.

Les cuves fonctionnent comme de grands thermos. Deux parois métalliques entourent un vide qui ralentit les échanges de chaleur. Pour l’oxygénothérapie, l’oxygène liquide est vaporisé puis délivré sous forme gazeuse au patient, à un débit réglé. Pour la cryoconservation, la stabilité de la température protège des cellules, des tissus, des ovocytes ou des embryons stockés pendant des années.

Cette activité est déjà pleinement industrielle. Selon Olivier Lartigue, qui dirigeait encore l’entreprise lors d’un entretien publié en 2025, environ 3 500 cuves fixes et autant d’unités portables sortaient chaque année des lignes de Bussy. Le site pouvait monter jusqu’à 10 000 cuves fixes. Les équipes y assurent les opérations décisives, de la soudure à la création du vide entre les parois.

L’activité est née chez Air Liquide en 1968. Elle est arrivée à Bussy-Saint-Georges en 1977, avant de s’y établir durablement en 1992. En décembre 2022, l’équipe de direction et le fonds Initiative & Finance ont repris Cryopal lors de sa séparation d’Air Liquide. L’investisseur annonçait alors 94 salariés, 23 millions d’euros de chiffre d’affaires et l’intention de renforcer la recherche, l’outil de production et la présence commerciale à l’étranger.

En juillet 2023, la Région Île-de-France a attribué à Cryopal 200 000 euros au titre de PM’up Relance pour un projet relevant de l’industrie et de la chaudronnerie. La CCI indique aujourd’hui avoir mené avec Business France 22 études de marché, cartographies et missions de prospection en Europe, en Asie et en Amérique latine. Aucun contrat issu de ces démarches n’est toutefois annoncé.

Les comptes 2024 montrent une entreprise rentable, mais pas encore une accélération mesurable: 23,1 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 23,4 millions en 2022 et 24,5 millions en 2023. Près de 11,5 millions provenaient de l’export, avec un résultat net de 3,17 millions et 86 salariés recensés. La croissance annoncée après la séparation du grand groupe reste à convertir en commandes et en production supplémentaires.

À Bussy-Saint-Georges, l’autonomie de Cryopal se mesurera désormais dans l’atelier: davantage de cuves sorties des lignes, des commandes remportées à l’étranger et des compétences de chaudronnerie conservées sur place.

Sources consultées
  1. CCI Seine-et-MarneVisite Cryopal
  2. Informations EntrepriseAu cœur de la cryogénie, une entreprise qui transporte et préserve la vie
  3. Initiative & FinanceCryopal
  4. Région Île-de-FranceDélibération n° CP 2023-284 du 5 juillet 2023
  5. PappersCryopal, comptes et informations juridiques