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À Lagny-sur-Marne, 1,55 million d’euros pour mettre Notre-Dame-des-Ardents hors d’eau

La ville engage plus de 1,55 million d’euros HT pour restaurer l’abbatiale communale, classée monument historique et menacée par les infiltrations.

Église en restauration à Lagny

À Lagny-sur-Marne, l’église Notre-Dame-des-Ardents-et-Saint-Pierre entre dans sa restauration par un travail peu visible mais décisif : empêcher l’eau de gagner. La mairie a publié le 8 juillet l’attribution de trois lots de travaux, pour un peu plus de 1,55 million d’euros hors taxes, sur cet édifice classé monument historique et propriété de la commune.

L’intitulé officiel du marché parle de façade orientale. Le détail des travaux, lui, cible d’abord les toitures et les façades hautes du massif occidental, puis, en tranche optionnelle, les couvertures basses du massif ouest. La Fondation du patrimoine décrit la même priorité : le versant sud du grand comble, la révision du versant nord, les toitures des chapelles et la partie occidentale de l’église, la plus visible depuis la ville et celle qui sert d’entrée.

La raison tient en un mot : l’étanchéité. Le diagnostic cité par la ville et la Fondation relève des infiltrations, des tuiles instables, une charpente fragilisée, des chéneaux en plomb fissurés, mais aussi des dégradations sur la façade ouest, le clocher-porche, la sacristie et la chapelle Saint-Joseph. Dans une église ancienne, une fuite n’est jamais seulement une fuite. Elle finit dans la pierre, dans les bois, dans les décors et dans l’usage du lieu.

Les marchés attribués le 17 juin donnent l’échelle de l’effort déjà engagé. Dubocq SA prend le lot maçonnerie et pierre de taille pour 620 733,41 euros HT. Coanus SAS prend la charpente et la couverture pour 770 884,32 euros HT. Art et Technique du Bois prend la menuiserie et la serrurerie pour 162 328,46 euros HT. Le lot vitrail a été déclaré infructueux. Ce détail dit beaucoup : restaurer un monument protégé ne consiste pas à commander une toiture neuve sur catalogue. Il faut des entreprises capables d’intervenir sur de l’ancien, au bon niveau de qualification, avec des calendriers qui s’emboîtent.

Le programme annoncé par la ville et la Fondation s’étend sur 2026 et 2027. Le marché, lui, prévoit une durée de 48 mois et des tranches optionnelles. Le coût final n’est donc pas encore connu, notamment parce que le vitrail reste sans titulaire.

Ce chantier relève d’une mécanique française souvent mal comprise. La commune ne finance pas ici un culte. Elle entretient un bâtiment communal, classé depuis 1886, qui reste affecté au culte et accueille aussi une vie culturelle. Le cadre national autorise les collectivités à prendre en charge l’entretien et la conservation des édifices cultuels dont elles sont propriétaires, en particulier les murs, les toitures et les charpentes. Lagny applique cette règle dans sa forme la plus matérielle : garder un monument ouvert commence par garder sa couverture saine.

La ville a sollicité des financements auprès de l’État, de la Région et du Département, et a ouvert avec la Fondation du patrimoine une collecte dont l’objectif est fixé à 200 000 euros. Les habitants peuvent encore soutenir la restauration par la page de dons de la Fondation du patrimoine.

Le choix de Lagny est donc moins une embellie patrimoniale qu’une prévention coûteuse. Reporter aurait laissé l’eau produire elle-même le calendrier, et probablement une facture plus dure. Pour l’instant, la décision se voit surtout dans des lots de pierre, de bois, de plomb, de couverture et dans un vitrail encore sans titulaire, place de l’Hôtel-de-Ville.

Sources consultées
  1. Centrale des marchés / BOAMPRestauration de la façade orientale et de la toiture de l’église Notre Dame des Ardents, avis de résultat de marché n°26-67891
  2. Ville de Lagny-sur-MarneNotre-Dame-des-Ardents / collecte de fonds
  3. Fondation du patrimoineÉglise Notre Dame des Ardents à Lagny-sur-Marne
  4. Ministère de la Culture, POPÉglise Notre-Dame-des-Ardents et Saint-Pierre, notice Mérimée PA00087044
  5. SénatLes collectivités territoriales et le financement des lieux de culte