Le Département de Seine-et-Marne lance un marché global de performance pour améliorer l’efficacité énergétique de 67 collèges. La consultation, publiée le 3 juillet 2026 sur la plateforme Maximilien, est organisée en dialogue compétitif, en deux lots, avec une date limite de candidature fixée au 3 août à 16 h.
Ce n’est pas un simple marché de chaudière, d’éclairage ou de ventilation. Le principe du marché global de performance est de lier les travaux à leur résultat: concevoir, réaliser, exploiter et maintenir des installations afin d’atteindre des objectifs chiffrés. Dans le code de la commande publique, ces engagements doivent être mesurables, et la rémunération de l’exploitation ou de la maintenance dépend de leur atteinte. Pour les collèges, cela change la logique: le bâtiment n’est pas seulement rénové, il doit ensuite être suivi.
L’objet publié par le Département vise des “prestations d’amélioration des performances énergétiques” dans 67 collèges. Le détail des établissements concernés et la valeur prévisionnelle du marché ne figurent pas dans les éléments publics consultés. Cette absence compte: elle empêche de dire, à ce stade, quels secteurs du département seront touchés en premier et quelle part du programme énergétique départemental ce marché représente.
Le cadre, lui, est déjà posé. La Seine-et-Marne a adopté en 2023 un Schéma directeur de l’énergie pour son patrimoine bâti. Il concerne 132 collèges et une cinquantaine de bâtiments hors scolaires, avec une trajectoire calée sur Éco Énergie Tertiaire: moins 40 % de consommation d’énergie finale en 2030, moins 50 % en 2040, moins 60 % en 2050. Dans ce schéma, la généralisation des contrats de performance énergétique est présentée comme la première mesure pour atteindre le cap de 2030.
Ce nouveau marché s’inscrit donc dans une politique déjà engagée. Un précédent marché global de performance avait été attribué en 2025 pour 36 sites du patrimoine départemental, pour 26,4 millions d’euros. La nouvelle consultation porte cette fois explicitement sur 67 collèges: presque la moitié du parc public départemental d’enseignement. Pour une collectivité qui doit déjà construire, entretenir, sécuriser et équiper ses collèges, l’énergie devient un travail de suivi au quotidien.
Dans un collège, la performance énergétique ne se résume pas à une ligne de facture: elle touche au chauffage des salles, à l’air dans les classes, à l’éclairage, au confort d’été, aux réglages que les agents doivent comprendre et maintenir. Un contrat peut promettre des économies. Il ne les produit vraiment que si les bâtiments sont suivis dans le temps et si les usages ne contredisent pas les équipements.
Le Département affiche par ailleurs 609 millions d’euros dédiés aux contrats de performance énergétique et aux rénovations énergétiques sur la période 2023-2050. Dans le budget primitif 2026, déjà évoqué dans notre article sur ce que la Seine-et-Marne essaie de préserver, les dépenses d’équipement atteignent 306,9 millions d’euros. Le nouveau marché des 67 collèges montre comment une partie de cet effort descend dans les bâtiments ordinaires du service public: salles de classe, chaufferies, couloirs, gymnases, demi-pensions. La promesse devra se vérifier au thermomètre du matin et au compteur du soir.
Sources consultées
- MaximilienPortail des marchés publics, consultation PA-RDB-20260626-00048_MGP_CPE2
- Département de Seine-et-MarneTransition énergétique : le Département de Seine-et-Marne en ordre de marche
- Département de Seine-et-MarneEnvironnement, eau et énergie
- LégifranceArticle L2171-3 du Code de la commande publique
- Ministère de la Transition écologiqueÉco Énergie Tertiaire