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Au Val d’Europe, grandir sans gaspiller le terrain

Le rapport 2025 d’EpaMarne-EpaFrance éclaire la nouvelle équation de Marne-la-Vallée : construire encore, avec moins de foncier disponible.

Illustration - quartier en chantier

EpaMarne-EpaFrance ont publié le 3 juillet leur rapport annuel 2025, intitulé « Aménager avec mesure ». En Seine-et-Marne, cette formule prend un sens assez précis : le Val d’Europe et Marne-la-Vallée doivent encore produire des logements, des espaces d’activité, des voiries et des équipements, mais l’époque du terrain que l’on pouvait ouvrir à l’urbanisation se referme.

La bascule se lit dans le périmètre même de l’aménageur. Depuis un décret du 17 mars 2025, EpaFrance intervient sur les dix communes de Val d’Europe Agglomération : Bailly-Romainvilliers, Chessy, Coupvray, Esbly, Magny-le-Hongre, Montry, Saint-Germain-sur-Morin, Serris, Villeneuve-le-Comte et Villeneuve-Saint-Denis. L’État justifie cette extension par la cohérence de l’opération d’intérêt national et par une poursuite de l’aménagement compatible avec la sobriété foncière.

À l’échelle du Val d’Europe, le changement est très pratique. Quand un même établissement public suit l’ensemble du secteur, il ne s’agit plus d’additionner des opérations commune par commune. Il faut décider où l’on construit, où l’on garde du paysage, comment les nouveaux habitants rejoignent une gare, une école, une zone d’emploi ou une piste cyclable. La ville nouvelle continue, mais elle doit fonctionner comme une ville déjà là.

Le projet du Prieuré Est, à Bailly-Romainvilliers, donne une bonne échelle de cette nouvelle équation. EpaFrance y prévoit environ 770 logements sur un site de 21 hectares, dont 5,4 hectares destinés aux logements. Le coût prévisionnel annoncé atteint 28 millions d’euros. Une grande partie du site doit rester en espace vert, tandis que les accès et les circulations autour de la RD406 doivent être réorganisés. Les habitants peuvent participer à la concertation publique jusqu’au 15 juillet 2026.

Le même raisonnement vaut pour les mobilités. La voie express vélo entre Torcy et Val d’Europe, avec un premier tronçon de 4 km livré entre Torcy et Bussy-Saint-Georges, n’a d’intérêt que si elle relie vraiment les morceaux existants : pistes déjà construites, ZAC, gares du RER A, quartiers d’habitation et lieux de travail. Les documents des Epa situent le linéaire final autour de 15 km. L’ordre de grandeur suffit à comprendre le rôle de cette infrastructure : raccorder des quartiers fabriqués par étapes, pas seulement peindre une bande cyclable de plus.

La pression nationale rend ce changement plus lisible. La France vise le zéro artificialisation nette en 2050, avec un objectif intermédiaire de réduction de moitié de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers d’ici 2031. Pour un aménageur né avec Marne-la-Vallée, cela oblige à changer de réflexe : continuer à accueillir, mais en mesurant davantage ce que chaque logement, chaque route, chaque parcelle consomme et ce qu’il permet en retour.

Le rapport annuel ne prouve pas à lui seul que cette promesse sera tenue. Il donne plutôt le vocabulaire public d’une contrainte qui devient très pratique en Seine-et-Marne. À Bailly-Romainvilliers, à Bussy-Saint-Georges ou entre Torcy et Val d’Europe, l’aménagement se juge désormais à la façon dont un quartier s’ajoute sans isoler le suivant, et sans traiter le sol restant comme une réserve infinie.

Sources consultées
  1. EpaMarne-EpaFranceRapport annuel 2025 | Les Epa dévoilent « Aménager avec mesure »
  2. LégifranceDécret n° 2025-241 du 17 mars 2025 modifiant le décret n° 87-191
  3. EpaMarne-EpaFranceProjet de quartier de logements du Prieuré Est à Bailly-Romainvilliers
  4. EpaMarne-EpaFranceEpaMarne connecte Torcy à Bussy-Saint-Georges via la Voie Express Vélo
  5. Ministères Transition écologique, Aménagement du territoire, Transports, Ville et LogementAménager la ville et loger les habitants