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À Lieusaint, l’école d’ingénieurs garde les mains dans l’atelier

Au Carré Sénart, l’Icam mêle ingénieurs, apprentis, adultes en reprise d’études et jeunes en CAP autour de l’atelier et des métiers techniques.

Atelier d'école d'ingénieurs à Lieusaint

Au 34 Points de Vue, à Lieusaint, l’Icam ne forme pas seulement des ingénieurs derrière des écrans. Sur le campus de Grand Paris Sud, l’école fait aussi une place à l’atelier, aux machines, aux commandes d’entreprises et à des jeunes qui retrouvent parfois le goût d’apprendre par le travail bien fait.

Le site existe depuis 2012. Il accueille près de 700 élèves et une cinquantaine de collaborateurs, à deux pas du Carré Sénart, entre le RER D, le T Zen, les logements étudiants et le Lab d’Equans voisin. Cette géographie compte: ici, l’enseignement supérieur n’est pas posé au-dessus du territoire. Il est branché sur une zone où l’on parle aussi d’énergie, de maintenance, de logistique, de matériaux et de recrutement.

La singularité du lieu tient à la cohabitation des parcours. On y trouve des cycles d’ingénieur, de l’apprentissage, de la formation continue pour adultes, mais aussi une école de production. Cette dernière prépare des jeunes dès 15 ans aux CAP de conducteur d’installations de production et d’électricien. Deux tiers du temps se passent en atelier, un tiers en cours généraux. Les élèves travaillent sur de vraies commandes, encadrés par des professionnels issus de l’industrie.

C’est un détail décisif. Une pièce n’a pas la même valeur quand elle doit simplement valider un exercice et quand elle sera livrée à un client. La précision, le délai, la propreté du geste, la responsabilité changent de poids. Pour des adolescents qui n’ont pas toujours trouvé leur place dans les formats scolaires classiques, l’atelier peut devenir une autre porte d’entrée vers l’exigence.

Le réseau des Écoles de production indique qu’à Lieusaint, la moitié des jeunes poursuit ensuite ses études, tandis que les autres vont vers l’emploi, avec un taux d’embauche proche de 100 % pour ces sorties professionnelles. Le chiffre concerne un dispositif très ciblé, mais il donne une indication nette: quand la formation colle aux gestes attendus par les entreprises, le décrochage peut changer de trajectoire.

Le partenariat signé le 18 juin 2025 entre Equans France et l’Icam, sur le campus de Grand Paris Sud, renforce cette lecture. La convention, prévue pour trois ans et déployée sur les campus de l’Icam, prévoit des interventions pédagogiques, des forums de recrutement, des projets d’entreprise et un accès facilité aux stages, alternances et recrutements. À Lieusaint, la proximité du Lab d’Equans donne à cette relation une forme très locale: les sujets de smart city, de performance énergétique ou d’installations techniques ne sont pas loin, ils sont à quelques minutes du campus.

La Seine-et-Marne parle souvent d’industrie quand une entreprise recrute, s’agrandit ou cherche à se rendre visible, comme lors d’un récent hackathon organisé à Melun. À Lieusaint, le même récit passe par la formation: des collégiens qui découvrent un drone avec des étudiants ingénieurs, des apprentis qui entrent en entreprise, des jeunes en CAP qui apprennent à tenir une pièce, une consigne, une commande.

En quittant la façade de l’école pour regarder ses ateliers, le campus prend une autre épaisseur. C’est celui d’un endroit où plusieurs jeunesses se croisent autour d’une idée simple: comprendre sert davantage quand on sait aussi fabriquer. Au Carré Sénart, cette idée commence dans l’atelier.

Sources consultées
  1. Département de Seine-et-MarneL’Icam de Lieusaint forme les ingénieurs de demain
  2. IcamÉcole d’ingénieurs à Grand Paris Sud
  3. IcamEquans France et l’Icam signent un partenariat pour former les talents de la transition énergétique et numérique
  4. Equans FranceEquans France et l’Icam signent un partenariat pour former les talents de la transition énergétique et numérique
  5. Les Écoles de productionIcam Grand Paris Sud