À Chauconin-Neufmontiers, l’église Saint-Saturnin ouvre son chantier au public samedi 4 juillet, de 10 h à 12 h 30. L’Association pour la sauvegarde et la réhabilitation de l’église y retracera plus de dix ans de chantiers bénévoles menés avec REMPART autour du monument.
La visite passe par ce qui se voit moins d’ordinaire : les enduits repris, les maçonneries consolidées, les charpentes restaurées, les baies, le clocher, les traces d’un bâtiment qui ne traverse pas les siècles tout seul. À Saint-Saturnin, le patrimoine n’est pas seulement une affaire de classement. C’est un travail, avec des campagnes successives, des professionnels, une commune, des aides, et des bénévoles qui apprennent des gestes.
L’église a de quoi retenir l’attention. Propriété communale, inscrite au titre des monuments historiques depuis 1991, elle est construite à partir de 1580 puis remaniée au XVIIIe siècle. La Sauvegarde de l’Art français décrit une nef unique de cinq travées, une abside en hémicycle, deux chapelles donnant au plan une forme cruciforme, des voûtes d’ogives et de larges fenêtres qui font entrer la lumière. Le bâtiment conserve aussi plusieurs objets protégés, dont un retable, des sculptures, une cloche du XVIe siècle et un buste de la Vierge provenant de l’ancienne église de Saint-Saturnin.
Cette histoire renvoie à une mémoire plus ancienne du village. L’ancien Saint-Saturnin, voisin de Chauconin, a été ruiné pendant la guerre de Cent Ans. Ses habitants se sont repliés vers Chauconin, où l’église Notre-Dame-de-l’Assomption a fini par prendre le vocable de Saint-Saturnin après la Révolution. Dans ce morceau du pays de Meaux, le nom même de l’église garde donc le souvenir d’un village disparu et d’un déplacement de population.
Depuis les années 2000, cette mémoire se prolonge par des travaux. Le cabinet Demetrescu-Guénégo recense des interventions dès 2006 et 2007, puis en 2012 sur le transept, en 2017 sur le chevet, en 2018 sur la chapelle nord, en 2022-2023 sur la sacristie, et en 2023-2024 sur les parements de la nef et du clocher. Cette dernière campagne est chiffrée à 727 000 euros hors taxes. La Sauvegarde de l’Art français mentionne de son côté plusieurs aides accordées, notamment pour la chapelle nord, le chevet, le chœur et le clocher.
Les chantiers REMPART donnent aussi une place aux bénévoles et aux gestes transmis. Le réseau francilien présente ces chantiers comme des séjours où des volontaires participent à la restauration de sites patrimoniaux, sans compétence préalable obligatoire, encadrés par des artisans ou des bénévoles expérimentés. Selon les lieux, on y pratique la maçonnerie, la taille de pierre, la menuiserie, la charpente, le vitrail ou les enduits. Ce qui se transmet n’est donc pas seulement l’amour des vieilles pierres, mais une manière de les toucher correctement.
C’est ce que la matinée du 4 juillet rend visible à Chauconin-Neufmontiers. Derrière Saint-Saturnin, il y a plus de dix ans de reprises, de photos de chantier, d’échafaudages, de décisions et de gestes appris. Pour un village, ouvrir ces coulisses revient à montrer que son église n’est pas seulement un décor ancien : c’est encore un lieu dont on s’occupe, pierre après pierre.
Sources consultées
- Mairie de Chauconin-NeufmontiersPortes ouvertes du chantier de restauration de l’église Saint-Saturnin, le 4 juillet
- REMPART Île-de-FranceLe chantier de bénévoles : kézako ?
- Sauvegarde de l’Art françaisChauconin-Neufmontiers, Église Saint-Saturnin
- Ministère de la Culture, POPÉglise Saint-Saturnin, notice Mérimée PA00087347
- Cabinet d’architecture Demetrescu-GuénégoÉglise Saint Saturnin de Chauconin