À Moret-Loing-et-Orvanne, Salut les Moches ouvre sa saison au bord du canal du Loing, allée Gustave-Prugnat. Le nom accroche, presque comme une blague lancée à des amis qui arrivent en retard. Le lieu, lui, tient sur une idée simple : installer des tables, des assiettes à partager et un peu de musique là où l’on avait déjà envie de s’arrêter.
La guinguette a été lancée en 2024 par Nancy Blanchardin, ancienne aide-soignante aux urgences. Avec son mari, elle a valorisé un terrain familial pour en faire une adresse estivale, ouverte cette année du 17 avril au 30 septembre, du mercredi au dimanche. Les vendredis et samedis, la fiche touristique départementale annonce une ouverture jusqu’à 1 heure du matin.
Dans une commune déjà habituée aux promeneurs, elle ajoute un arrêt plus familier à la carte des bords d’eau. Moret vit beaucoup de ses berges, de ses portes médiévales, de ses façades anciennes et de la lumière qui a attiré Alfred Sisley. Sur ce bord de canal, Salut les Moches propose autre chose qu’une visite ou une photo : frites, grillades au brasero, planches de charcuterie et de fromages issus de producteurs locaux, boissons, ateliers culinaires, cours de danse offerts.
La CCI Seine-et-Marne, qui a accompagné la création du projet, a mis en avant en juin la deuxième place obtenue par Nancy Blanchardin au concours régional Made in France, dans la catégorie « réussite quartier ». La distinction donne un coup de projecteur, mais l’intérêt de l’adresse se comprend surtout à hauteur de table. Une guinguette fonctionne quand elle permet à des publics qui ne se seraient pas forcément donné rendez-vous de rester au même endroit : habitants, familles, visiteurs de passage, habitués du canal, groupes d’amis venus prolonger la soirée.
Selon la CCI, la première saison avait dépassé les prévisions en deux mois et demi d’ouverture. La deuxième a apporté des aménagements, des efforts d’accessibilité, de la sécurisation du site et deux emplois déjà créés. Le canal devient alors plus qu’un décor de promenade : un endroit où l’on s’arrête, où l’on mange, où l’on danse parfois, où l’on reste un peu plus longtemps que prévu.
Dans une ville où l’on vient souvent marcher, regarder l’eau ou retrouver les images de Sisley, la guinguette propose une autre manière de rester. On ne visite plus seulement Moret, on y traîne un peu, un verre ou une planche sur la table, au bord du canal.