À Champs-sur-Marne, la ville durable ne se limite pas aux bâtiments exemplaires et aux rues végétalisées. Dans les laboratoires liés à la Cité Descartes, elle passe aussi par des sujets moins brillants : des toits en zinc qui surchauffent, des data centers à intégrer dans la ville, des espaces publics qu’il faut entretenir une fois l’inauguration terminée.
La nouvelle sélection du PEPR « Ville durable et bâtiments innovants », copiloté par l’Université Gustave Eiffel et le CNRS, met ces questions au premier plan. Son second appel à projets, baptisé PITT pour « Projets interdisciplinaires et Trios de thèses », retient 14 projets sur 42 dossiers déposés. L’enveloppe annoncée est de 8 millions d’euros, avec des financements pouvant atteindre 500 000 euros par projet sur cinq ans.
Le sujet est national, mais l’ancrage seine-et-marnais n’est pas décoratif. Autour de l’Université Gustave Eiffel, de l’ESIEE Paris, de l’École des Ponts et du LATTS, Champs-sur-Marne concentre une partie des compétences françaises sur les infrastructures, le bâti, les usages urbains et les politiques publiques. C’est le même paysage de recherche appliquée que celui déjà aperçu avec Sci-ty, le consortium qui veut rapprocher les laboratoires de la ville réelle.
Les projets retenus donnent une idée précise de ce que veut dire « innover » dans ce domaine. COOLZinc, porté par Martin Hendel à ESIEE Paris, étudie les toitures métalliques et en zinc face aux surchauffes intérieures et extérieures. DC_RISK_CITY, porté notamment par Félix Adisson et Ludovic Halbert au LATTS, regarde les data centers comme des équipements qui occupent du foncier, consomment de l’énergie et créent leurs propres risques. NESPAMEX, porté par Daniel Florentin à l’École des Ponts, s’intéresse aux nouveaux espaces publics non pas au moment où ils sont dessinés, mais quand ils doivent être exploités, entretenus et réparés.
Les projets relèvent de la recherche amont, avec des thèses, des consortiums et des méthodes. Mais cette étape compte pour les collectivités, les aménageurs, les exploitants d’équipements et les gestionnaires d’espaces publics. Ils savent déjà annoncer des quartiers sobres, des rues plus fraîches, des bâtiments mieux adaptés au climat. Le plus dur vient après : mesurer ce qui fonctionne, arbitrer entre confort, coût, énergie, usages, maintenance et contraintes foncières.
À Champs-sur-Marne, la ville durable prend donc une forme assez concrète : un toit que l’on analyse, un data center que l’on replace dans son environnement urbain, un espace public que l’on suit après les travaux. Un banc d’essai discret, loin des images de salon, et plus proche de la manière dont les villes tiennent réellement debout.
Sources consultées
- PEPR Ville durable et bâtiments innovantsPEPR « Ville durable et bâtiments innovants » : 14 projets lauréats sélectionnés pour transformer les villes de demain
- PEPR Ville durable et bâtiments innovantsRésultats AAP “PITT” : Trios de thèses et projets interdisciplinaires
- LATTS3 projets du LATTS lauréats de l’AAP PITT
- PEPR Ville durable et bâtiments innovantsAppel 2025-2026, Projets Interdisciplinaires et Trios de Thèses