Melun Val de Seine a réuni, vendredi 5 juin, des entreprises industrielles, des étudiants en mastère cybersécurité, la CCI Seine-et-Marne, France Travail, la Région Île-de-France et l’UTEC 77 pour un Hackathon « Talents & Industrie ».
Le résultat n’est pas une invention sortie d’atelier. Pas de robot, pas de logiciel prêt à vendre, pas de nouvelle ligne de production. La nouveauté tient plutôt dans quatre pistes conçues en une journée pour répondre à une question très concrète: comment rendre visibles des entreprises industrielles locales auprès des jeunes diplômés, des profils du numérique et des personnes en reconversion?
Les projets présentés disent bien où se situe le problème. « La Coordination est la Solution », prix Coup de cœur du public, propose une marque territoriale et une coordination entre collectivités, formations et industriels. « Melun Industry Hub » imagine une plateforme d’offres et d’informations pour mieux exposer les PME. « Changez de code. Changez de vie. » mise sur la découverte des métiers. « Mon Futur Local » vise les jeunes talents qui pourraient travailler dans une PME proche de chez eux sans forcément l’avoir repérée.
Le vocabulaire de hackathon peut faire sourire dans un sujet qui parle aussi d’aéronautique, de sellerie, d’élastomères, d’équipements industriels ou d’aluminium. Mais il pointe une faiblesse réelle: dans un bassin de deuxième couronne, l’industrie existe parfois mieux dans les zones d’activité que dans l’imaginaire des candidats.
Melun Val de Seine revendique 24 parcs d’activités, 8 000 entreprises et 51 000 emplois. Elle met aussi en avant Paris-Villaroche comme deuxième pôle aéronautique d’Île-de-France, autour de Safran Aircraft Engines. Safran indique de son côté que son site de Villaroche, à Réau et Moissy-Cramayel, réunit plus de 5 000 personnes sur plus de 100 hectares. Ces chiffres donnent de la consistance à l’exercice: les entreprises présentes, parmi lesquelles JPB Système, Photospace France, Estalu, Sellerie du Lys, Top Industrie et Collot Élastomères, ne relèvent pas de la vitrine grand public. Ce sont des entreprises de fabrication, de sous-traitance et de savoir-faire spécialisés.
La tension de recrutement donne aussi du poids au sujet. En Seine-et-Marne, l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail recense 33 560 intentions d’embauche déclarées pour 2026, dont 41,9 % jugées difficiles. À l’échelle nationale, France Travail relève que l’industrie représente 9,3 % des projets de recrutement 2026 et que plusieurs métiers industriels qualifiés restent très difficiles à pourvoir, notamment l’usinage, la chaudronnerie et la soudure.
La présence d’étudiants en cybersécurité n’est donc pas un gadget. Leur formation à l’UTEC de Melun relève du management en ingénierie informatique, avec une alternance sur deux ans et des compétences en conduite de projets, systèmes d’information et sécurité. Dans ce type d’exercice, ils ne viennent pas fabriquer une pièce: ils transforment un problème d’emploi en parcours, en interface, en récit et en prototype de service.
Aucun calendrier de déploiement, budget ou porteur opérationnel n’est annoncé pour transformer ces idées en outil utilisé. Le hackathon a surtout montré où appuyer: dans le Melunais, l’attractivité industrielle ne se résume pas à publier des offres. Elle demande de relier des ateliers, des écoles, des plateformes, des recruteurs et des candidats qui vivent parfois à quelques kilomètres les uns des autres sans se rencontrer.