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À Champs-sur-Marne, un master pour chiffrer les chantiers avant les grues

L’Université Gustave Eiffel lance le master ECART à Champs-sur-Marne pour former des profils capables de chiffrer et sécuriser les projets de construction.

Plans de chantier et calculs

Avant qu’un chantier existe dans la rue, il existe déjà sur une table. Il y a des plans, des quantités à mesurer, des matériaux à comparer, une enveloppe à tenir. Quelqu’un doit dire si l’école, l’immeuble ou la rénovation promise peut vraiment tenir dans le budget.

C’est ce métier discret que l’Université Gustave Eiffel veut former à Champs-sur-Marne. Elle lance le master ECART, pour Économie de la Construction, Architecture, Rénovation, Transformation, sur le campus de Marne-la-Vallée, dans le bâtiment Lavoisier. La formation est annoncée avec 25 places, principalement en apprentissage, et un partenariat avec l’OPQTECC, l’organisme qui qualifie notamment les économistes de la construction et les programmistes.

L’intitulé est technique. Le besoin, lui, est assez simple à comprendre. Un économiste de la construction n’arrive pas seulement pour additionner des factures. Il estime un projet avant son lancement, mesure les quantités, analyse les offres des entreprises, suit les coûts pendant l’opération et aide à choisir entre plusieurs solutions. Dans une rénovation énergétique, un équipement public ou un programme de logements, ces arbitrages peuvent décider de ce qui sera réellement construit, reporté ou simplifié.

La Seine-et-Marne connaît bien ce type de tension. Le département voit se croiser projets de logements, équipements publics, rénovation du bâti et contraintes budgétaires. On parle souvent des chantiers visibles: les grues, les retards, les nouveaux quartiers, comme à Bailly-Romainvilliers avec les 770 logements prévus au Prieuré Est. On voit moins les métiers qui rendent ces opérations tenables avant le premier panneau de chantier.

Le contexte national aide à comprendre pourquoi cette petite promotion locale a du sens. France Travail estime que le BTP concentre 143 000 projets de recrutement en 2026, dont 65 % sont jugés difficiles. Ce chiffre ne mesure pas précisément le manque d’économistes de la construction, mais il rappelle une chose: le secteur ne cherche pas seulement des bras. Il a aussi besoin de profils capables de sécuriser les coûts, les choix techniques et les délais.

À Champs-sur-Marne, le master ECART s’inscrit donc dans un besoin très concret: former près des projets des personnes capables de rendre les projets faisables. Dans le bâtiment, les décisions les plus visibles commencent souvent dans des lignes de calcul que personne ne photographie.