Article

À Serris, le salon qui résume le casse-tête des jeunes entreprises

Le Festival des Entrepreneurs 2026 a mis en lumière les besoins très concrets des jeunes entreprises : financement, statut, cyber, aides et réseau.

Entrepreneurs à un salon local

À Serris, le 21 mai, un entrepreneur pressé pouvait faire en quelques heures ce qui prend souvent des semaines : trouver à qui parler pour un financement, un statut juridique, une reprise, une facture électronique ou une alerte cyber.

La quatrième édition du Festival des Entrepreneurs, organisée par la CCI Seine-et-Marne, avait les habits d’un salon. Son programme ressemblait plutôt à un parcours d’orientation pour petites entreprises : speed meeting payant et complet dès le matin, festival gratuit avec conférences et exposants l’après-midi, puis soirée de réseau.

La nouveauté 2026 donnait une mesure concrète de ce besoin de visibilité : quinze stands à 250 euros hors taxes, réservés aux entreprises immatriculées en Seine-et-Marne depuis moins de cinq ans. Pour une jeune activité, ce n’est pas seulement « avoir un stand ». C’est tester son offre, croiser des financeurs, entendre les questions qui reviennent, corriger un discours trop vague avant de le ressortir devant un client.

Les conférences racontaient la même chose, avec moins de ruban et plus de problèmes à résoudre. Reprendre une entreprise : bonne idée ou piège ? Comment financer son projet ? Une petite société est-elle une cible facile pour les cyberattaques ? Quel statut choisir entre SARL, SAS et micro-entreprise ? Quelles aides demander à la Région ? Comment anticiper la facturation électronique ? Même le burn-out du dirigeant avait sa place au programme, preuve qu’entreprendre ne se limite pas à ouvrir un numéro SIRET et sourire sur LinkedIn.

Ce besoin de tri ne tombe pas du ciel. En 2025, l’Insee a compté 1 165 800 créations d’entreprises en France, un nouveau record. En Seine-et-Marne, la CCI signalait encore 6 134 entreprises créées au troisième trimestre 2025. Quand autant d’activités naissent, le premier service rendu n’est pas toujours un grand discours : c’est un bon aiguillage.

Le festival a aussi accueilli près de 150 collégiens et lycéens, venus découvrir l’entrepreneuriat par des ateliers et des échanges avec des professionnels. La passerelle est utile, à condition de montrer aussi la partie moins brillante du métier : choisir, financer, protéger, tenir.

Le rendez-vous de Serris ne transforme pas une idée en entreprise à la place du porteur de projet. Mais il rappelle une chose assez saine : une entreprise commence rarement par une grande annonce. Elle commence plus souvent par une bonne question posée à la bonne personne, et deux cartes de visite glissées dans la même poche.