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Au Val d’Europe, même les vaches travaillent pour l’eau

Marais restauré, bassin à curer, vieux réseau à reprendre: au Val d’Europe, l’eau se lit aussi dans le paysage.

Vaches Highland près d’un marais

Aux marais de Coupvray-Esbly, deux vaches Highland ont un métier discret: entretenir une zone pensée pour l’eau. Label et Radieuse broutent sur une partie de cette zone d’expansion des crues: 14 hectares aménagés sur une ancienne peupleraie, désormais opérationnels.

Le lieu raconte bien le Val d’Europe d’aujourd’hui. Derrière les hôtels, les routes, les parkings, les quartiers neufs et les flux de visiteurs, il faut aussi des sols capables de recevoir l’eau, des bassins à entretenir et des réseaux qui tiennent.

La zone d’expansion des crues sert à recevoir les eaux de ruissellement du bassin versant du ru de Coupvray. Lors des épisodes de crue, elle stocke temporairement l’eau pour limiter le risque d’inondation, notamment vers Esbly. Le paysage n’est pas seulement agréable: il travaille.

Un peu plus loin, à Coupvray, le bassin d’eaux pluviales n°1 dit la même chose dans un autre langage. Construit en 1990, au moment où Disneyland Paris sortait de terre, il peut retenir 67 000 m³ d’eau. Il reçoit les eaux pluviales d’un périmètre de 146 hectares: parking visiteurs, partie du parc d’attractions, morceau du lac d’agrément, hôtels et espaces aménagés autour.

Son curage prévu en 2026 n’est donc pas une opération de propreté ordinaire. Il s’agit de retirer 5 800 m³ de sédiments pour garder au bassin sa capacité de rétention. L’agglomération annonce une opération à 999 300 € TTC, menée en eau et encadrée pour éviter les zones de frayères, les espaces à batraciens et les secteurs de nidification.

À Villeneuve-le-Comte, l’eau disparaît sous la chaussée. Le réseau d’assainissement, construit au début des années 1960, présente fissures, casses, défauts d’étanchéité et intrusions de racines. Sa réhabilitation doit se poursuivre de mars 2026 à mars 2027, sur plusieurs rues du centre-bourg, pour un montant annoncé de 2,089 millions d’euros TTC.

Ces opérations ne relèvent pas du même chantier, mais elles racontent le même territoire: une agglomération où l’eau circule entre parc touristique, quartiers anciens, routes, sols humides et canalisations fatiguées. La tendance dépasse le Val d’Europe: les politiques de l’eau poussent désormais à retenir, infiltrer ou ralentir l’eau au plus près de l’endroit où elle tombe, plutôt que de tout envoyer le plus vite possible dans les réseaux.

Ici, cette logique prend une forme très concrète. Un marais devient une protection contre les crues. Un bassin touristique doit être curé pour continuer à jouer son rôle. Un vieux réseau de centre-bourg est repris avant que ses défauts ne coûtent plus cher. Et dans le paysage, deux Highland rappellent au passage que l’infrastructure locale peut parfois avoir des cornes.