Avant de chauffer des bâtiments, GéoBrie va ouvrir la route. À Pontault-Combault, les travaux du futur réseau de géothermie commencent lundi 1er juin près du Nautil, sur la RD 21, en direction de Roissy-en-Brie. La circulation doit être perturbée jusqu’au 30 août, puis le chantier se poursuivra sur la commune de Roissy-en-Brie.
Le point de départ est très concret : un centre aquatique intercommunal, une départementale, des usagers qui devront adapter leurs trajets. Mais le chantier lance une infrastructure plus vaste. Le réseau GéoBrie doit, à terme, fournir de la chaleur à Émerainville, Pontault-Combault, Roissy-en-Brie et Le Plessis-Trévise.
Le principe est simple à dire, plus long à construire. La future centrale ira chercher de l’eau chaude dans la nappe du Dogger, à environ deux kilomètres de profondeur, avant de redistribuer cette chaleur par des canalisations enterrées. Les travaux commencent par le réseau de distribution. La construction de la centrale est prévue en 2027, pour une mise en service attendue en 2028.
Quelques chiffres suffisent à donner l’échelle : environ 41 à 42 kilomètres de réseau, 200 sous-stations, et l’équivalent de 12 000 logements à chauffer. Le projet est porté par GéoBrie, filiale de Coriance, dans le cadre d’une délégation de service public de trente ans. L’investissement annoncé atteint 107 millions d’euros.
L’emplacement du projet raconte aussi un déplacement dans l’agglomération. Paris - Vallée de la Marne connaît déjà la géothermie au nord et au centre, à Chelles, Champs-sur-Marne, Noisiel, Torcy ou Lognes. GéoBrie déplace le mouvement vers le sud du territoire, avec un réseau appelé à desservir des équipements publics, des entreprises, des logements collectifs et, plus rarement pour ce type d’infrastructure, des zones pavillonnaires proches du tracé.
Le contexte régional aide à comprendre pourquoi une route ouverte près du Nautil mérite plus qu’un simple avis de travaux. En Île-de-France, la géothermie profonde est déjà très installée : l’ADEME comptait 54 installations actives en 2025, pour plus de 310 000 équivalents-logements chauffés. Mais le développement reste inégal selon les secteurs. À Paris - Vallée de la Marne, le chantier de la RD 21 est donc aussi une manière de raccorder le sud de l’agglomération à une infrastructure qui existe déjà ailleurs.
Pour les habitants, le premier sujet sera moins souterrain : circulation, accès au Nautil, calendrier des tranchées, puis rues concernées au fil des phases. La chaleur viendra plus tard. D’ici là, la géothermie commence par une expérience très familière : une route qu’on pensait prendre comme d’habitude, et qui ne coopère plus tout à fait.