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À Marne-la-Vallée, le vélo et la marche se jouent d’abord sur les maillons manquants

EpaMarne lance une mission d’étude sur la marche et le vélo pour mieux raccorder gares, quartiers neufs et zones d’activité.

Illustration - mobilités actives à Marne-la-Vallée

En Marne-la-Vallée, un court trajet peut vite se compliquer : un rond-point à franchir, un pont routier, un bout d’itinéraire qui s’arrête avant la gare. À pied ou à vélo, ce n’est pas toujours la distance qui décourage. C’est la coupure.

Le marché publié par EpaMarne le 21 mai 2026 vise ces maillons manquants. L’établissement cherche une assistance à maîtrise d’ouvrage pour travailler sur les mobilités actives, c’est-à-dire la marche et le vélo, à la fois sur la stratégie et sur le suivi opérationnel des projets.

La première partie de la mission doit durer neuf mois. Elle prévoit un diagnostic, l’analyse des opérations d’aménagement, une stratégie, un plan d’action et des indicateurs de suivi. La seconde porte sur l’accompagnement des projets eux-mêmes. Elle est prévue pour douze mois, renouvelable jusqu’à trois fois, avec un plafond de 460 000 € hors taxes sur quatre ans.

Il ne faut donc pas lire cet avis comme l’annonce de pistes cyclables livrées demain matin. Son intérêt est ailleurs : il intervient au moment où l’on repère les ruptures, où l’on classe les priorités, où l’on décide si un parvis de gare, une traversée ou une liaison vers une zone d’activité mérite d’être traité avant le reste.

Le territoire s’y prête particulièrement. Le Plan local des mobilités de Marne-la-Vallée couvre 31 communes, dans un ensemble traversé par le RER, l’autoroute A4, des quartiers récents, des zones d’emploi et de grands équipements. Il identifie aussi un usage du vélo encore faible, notamment parce que les itinéraires restent trop discontinus.

Le territoire n’en est pas au point zéro : le suivi du plan local signalait environ 7 km d’aménagements cyclables supplémentaires réalisés en 2023-2024. Mais l’enjeu n’est pas seulement d’ajouter des kilomètres. Il est de les raccorder aux trajets réels : aller à la gare, accompagner un enfant, rejoindre un arrêt de bus, finir un parcours commencé en transport collectif.

Ce décalage dépasse Marne-la-Vallée. En France, selon l’État, 60 % des trajets domicile-travail de moins de 5 km se font encore en voiture, contre seulement 5 % à vélo. Dans un territoire de grande couronne, cette statistique n’a rien d’abstrait : elle se joue à l’échelle d’un carrefour, d’un pont, d’un accès mal pensé.

Le marché d’EpaMarne signale donc moins un chantier qu’un moment de tri. Avant le marquage au sol, il y aura peut-être une carte des coupures à corriger. Pour les habitants, c’est souvent là que commence la différence entre un trajet possible et un trajet qu’on finit par faire en voiture, faute d’avoir envie de négocier un rond-point avec une poussette.