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En Seine-et-Marne, la crise se lit dans les pleins, les stocks et les devis

Une enquête de la CCI montre comment les tensions au Moyen-Orient pèsent sur les coûts, délais et arbitrages des PME seine-et-marnaises.

Coûts logistiques en Seine-et-Marne

En Seine-et-Marne, le conflit au Moyen-Orient ne se mesure pas seulement en prix du baril. Dans l’enquête de la CCI, il apparaît dans des choses plus proches: un plein plus cher, une tournée à regrouper, un devis à reprendre, une livraison qui se décale.

La chambre consulaire a interrogé 107 chefs d’entreprise du département entre le 16 et le 26 mars. Le panel est modeste, donc à manier avec prudence. Mais il dit quelque chose de juste sur l’économie locale: 77 % des répondants dirigent une entreprise de moins de dix salariés. Ce sont des structures où un coût de transport, un retard fournisseur ou une hausse de carburant se voit vite dans la trésorerie.

Le signal est assez net. Neuf répondants sur dix estiment que le conflit a déjà un impact sur leur activité. Le premier effet cité est la hausse des coûts de production, devant la baisse de la demande et la réduction temporaire d’activité. Le carburant est le relais le plus direct entre la crise et les comptes: 75 % des entreprises interrogées disent utiliser du pétrole ou du gaz dans leur activité, et presque toutes celles qui en utilisent ont constaté une hausse de leurs coûts.

Le sujet colle particulièrement à la Seine-et-Marne parce que le département vit beaucoup de flux. L’Insee y recense 1 065 zones d’activité économique, qui couvrent une petite part du territoire mais concentrent un peu plus de la moitié des emplois salariés. Commerce, transport, entreposage, industrie: une partie importante du travail local dépend de marchandises qui arrivent, repartent, attendent, se stockent ou se livrent.

L’import-export rend le mécanisme encore plus visible. Dans l’enquête, 28 % des répondants déclarent exporter; parmi eux, plus d’un sur deux dit rencontrer des difficultés liées au conflit. Côté import, 31 % des entreprises interrogées importent, et 84 % d’entre elles déclarent subir un effet sur leurs approvisionnements. Les problèmes cités sont très concrets: coûts logistiques plus élevés, délais plus longs, difficultés à obtenir certains produits.

Les réponses sont elles aussi pragmatiques. Selon la CCI, 68 % des entreprises interrogées ont déjà pris des mesures. Elles réduisent des déplacements, optimisent des tournées, ajustent leurs prix ou reportent des investissements. Rien de spectaculaire, mais beaucoup d’arbitrages qui changent une semaine de travail: moins de marge pour absorber, moins de certitude pour promettre, moins de confort pour attendre.

Le prêt Flash Carburant, ouvert depuis avril et élargi au BTP mi-mai, peut aider certaines TPE et PME exposées aux coûts de déplacement. Il prévoit un prêt de 5 000 à 50 000 euros, sur 36 mois, sans garantie demandée. C’est une respiration de trésorerie, pas une baguette magique: le prêt ne débloque pas un fournisseur, ne raccourcit pas un délai maritime et n’évite pas la discussion avec le client quand le devis a bougé.

Pour les plus petites structures, la crise tient déjà dans un agenda de livraisons, un tableur de trésorerie et une conversation un peu raide au moment d’expliquer pourquoi le prix n’est plus tout à fait celui d’hier.