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Eau potable : ce que le futur contrat du SIDEAU changera vraiment

Le SIDEAU Moret Seine et Loing prépare son futur contrat d’eau potable: compteurs, fuites, facture, télérelève et contrôle du service.

Compteur d'eau potable

À Moret-Loing-et-Orvanne, Saint-Mammès ou Montigny-sur-Loing, le prochain contrat d’eau potable ne se verra pas forcément le matin au robinet. Il dira pourtant qui relève les compteurs, surveille les fuites, entretient les réservoirs et répond quand un abonné signale un problème.

Le SIDEAU Moret Seine et Loing a lancé une procédure de délégation de service public pour la production et la distribution d’eau potable. Le contrat annoncé doit courir du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2034, avec deux prolongations possibles d’un an chacune. Les offres sont attendues jusqu’au 10 juillet 2026.

Le syndicat couvre, selon la communauté de communes Moret Seine & Loing, La Genevraye, Montigny-sur-Loing, Moret-Loing-et-Orvanne, Saint-Mammès, Nonville, Treuzy-Levelay et Villemer. Son patrimoine était présenté, à partir de données d’exploitation de 2016, comme un réseau de 160 km, 12 réservoirs et plus de 6 400 abonnés. Sur les périmètres documentés, le service est aujourd’hui exploité en affermage par Veolia Eau: la collectivité reste responsable, mais l’exploitation quotidienne est confiée à un opérateur.

La nouvelle procédure ne décide donc pas seulement d’un nom sur un contrat. Elle fixera les règles pratiques du service: entretien des installations, surveillance de l’eau distribuée, recherche d’anomalies, travaux confiés au délégataire, relation avec les abonnés et transmission de données au syndicat. Elle prévoit aussi une option obligatoire de télérelève sur tout le périmètre délégué. Derrière ce mot technique, il y a une évolution très concrète: des compteurs suivis à distance, moins de relevés manuels et, potentiellement, une détection plus rapide de certaines consommations inhabituelles.

Le prix sera évidemment regardé de près. Les données publiques Sispea affichent pour 2024 un prix de l’eau potable de 3,37 €/m³ sur le service groupé hors Veneux-les-Sablons, et de 2,75 €/m³ pour Veneux-les-Sablons. Ces montants ne prédisent pas la prochaine facture: le prix dépend aussi de la ressource, de l’état du réseau, des investissements à financer et du contrat qui sera signé. Mais ils donnent l’ordre de grandeur de ce que paient aujourd’hui les usagers. À la fin, le contrat finit toujours par se voir sur la facture.

Il se voit aussi dans les fuites. Le rapport annuel 2022 consulté signalait des rendements inférieurs aux engagements contractuels dans plusieurs secteurs du SIDEAU, sauf à Montarlot. Pour un service d’eau, ce n’est pas un détail de technicien: un meilleur rendement, c’est moins d’eau perdue entre la production et les robinets, moins de pression inutile sur la ressource et des travaux mieux ciblés.

Le choix qui se prépare avait été posé assez clairement en 2025: fallait-il déléguer tout le service, production comprise, ou séparer les modes de gestion entre production et distribution? L’avis publié porte désormais sur les deux volets. La question utile, pour les habitants, n’est donc pas de trancher si une délégation est bonne ou mauvaise en soi. Elle est plus simple: que contiendra le contrat, que pourra contrôler le syndicat, et quelles informations seront lisibles pour les abonnés?

Avant 2027, les points à suivre sont très concrets: objectifs de rendement, délais d’intervention, travaux prévus, modalités de facturation, place de la télérelève, pénalités en cas de manquement et information en cas de problème de qualité. L’eau potable est un service discret quand tout marche. Le prochain contrat dira surtout ce qui est prévu quand ce n’est plus le cas.