Article

À Serris, un futur parc d’activités pour les PME qui ont besoin de plus qu’un bureau

EpaFrance cherche un opérateur pour créer environ 15 000 m² de locaux d’activité dans la ZAC du Couternois, à Serris, pour des PME-PMI.

Parc d’activités à Serris

À Serris, le futur parc d’activités ne vise pas les vitrines les plus visibles du Val d’Europe. Il s’adresse plutôt aux entreprises qui ont besoin d’un atelier, d’un petit entrepôt, de bureaux attenants, de stationnement et d’accès simples pour leurs camionnettes. Bref, ces locaux intermédiaires dont une PME peut difficilement se passer, mais qui se remarquent moins qu’un hôtel, un immeuble de bureaux ou un nouveau quartier de logements.

C’est l’objet de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par EpaFrance pour développer un parc d’activités destiné aux PME-PMI dans la ZAC du Couternois, à Serris. Selon Le Moniteur, le projet représente environ 15 000 m² de surfaces à construire. Les offres devaient être remises le 3 avril 2026, avec un choix du lauréat attendu au printemps.

Le montage retenu n’est pas anodin. EpaFrance ne cherche pas seulement une entreprise pour bâtir un programme déjà entièrement figé. L’aménageur veut un opérateur privé en copromotion, capable de proposer un projet et de le porter avec lui. Cela veut dire que le contenu du futur site reste central: quels locaux, pour quelles entreprises, avec quelle souplesse d’usage et quelle insertion dans le secteur.

La ZAC du Couternois n’est pas un décor choisi au hasard. Dans les documents d’urbanisme de Serris, ce secteur situé au sud-est de la commune est déjà identifié comme un espace d’activités. Sa partie sud doit accueillir industries, artisanat, entrepôts et bureaux, avec une vocation économique annoncée autour de 2 700 emplois. Le futur parc PME-PMI s’inscrit donc dans une orientation ancienne, mais il en donne une traduction très concrète.

Car le Val d’Europe affiche déjà un certain équilibre, avec environ 53 000 habitants et 46 000 emplois, mais cet équilibre demande de la place. Les logements, les hôtels, les commerces et les bureaux trouvent facilement leur récit dans un territoire marqué par Disney, le RER, le tourisme et la croissance résidentielle. Les locaux d’activité, eux, se racontent moins facilement. Ils prennent du foncier, accueillent des livraisons, du matériel, des véhicules, parfois du bruit. Mais sans eux, une partie de l’économie locale finit par s’éloigner.

Le marché francilien explique aussi pourquoi ces surfaces comptent. En 2025, le marché des locaux d’activités en Île-de-France a ralenti, mais les petites surfaces ont mieux résisté que les grands formats. Pour une PME, un local n’est pas seulement une adresse sur une carte: il doit rester proche des salariés, des clients, des axes routiers et des autres entreprises avec lesquelles elle travaille.

Après notre article sur ce que l’Est parisien attire encore en bureaux, ateliers et entrepôts, le cas de Serris ramène la question à l’échelle d’un site. Dans un Val d’Europe qui continue de se construire, le sujet n’est pas seulement de créer des mètres carrés économiques. Il est de savoir si des entreprises locales pourront encore trouver un vrai local, pas seulement une adresse.