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À Melun, le centre ancien se répare par numéros de rue

Du 16 rue Carnot au 41 rue Saint-Aspais, Melun poursuit la rénovation de son centre ancien par immeubles, logements et commerces.

Façades du centre ancien de Melun

Au 16 rue Carnot, la transformation s’est jouée dans les parties communes autant que sur la façade. Dans cette résidence Saint-Hubert, il a fallu reprendre les escaliers, les plafonds, les menuiseries, les couvertures, les toitures-terrasses et les eaux pluviales. L’immeuble compte 22 logements et deux commerces. Le chantier a coûté 755 000 euros, avec environ 428 000 euros de subventions de l’Anah, 133 000 euros de l’agglomération Melun Val de Seine et 226 500 euros apportés par les copropriétaires.

À Melun, une partie du centre-ville change à cette échelle-là: un immeuble, une cage d’escalier, une toiture, un commerce en rez-de-chaussée. C’est moins visible qu’un grand chantier de transport ou de voirie, mais c’est souvent là que se joue l’état réel d’une rue. Après les réseaux préparés pour le Tzen 2, une autre transformation avance dans les immeubles eux-mêmes.

À quelques minutes à pied, le 41 rue Saint-Aspais montre l’autre visage de cette rénovation. L’adresse est connue pour la librairie de l’Escalier, commerce indépendant et centenaire du cœur de ville. Mais l’immeuble est aussi devenu un cas difficile: bâtiment très dégradé, arrêté de mise en sécurité en décembre 2023, occupants relogés, site sécurisé. La Société publique locale Melun Val de Seine Aménagement en est propriétaire depuis septembre 2021.

Ce projet bénéficie d’un outil public réservé aux situations les plus complexes: le THIRORI, pour le traitement de l’habitat insalubre ou dangereux et les opérations de restauration immobilière. Melun Val de Seine le présente comme le premier immeuble de Seine-et-Marne à entrer dans ce cadre. Derrière l’acronyme, l’enjeu est simple: traiter un bâtiment que les aides ordinaires ne suffisent plus à remettre sur pied.

Ces deux adresses disent mieux que les grandes formules ce que recouvre la revitalisation d’un centre ancien. Au 16 rue Carnot, une copropriété a mené une opération financée par plusieurs acteurs. Au 41 rue Saint-Aspais, la puissance publique intervient sur un immeuble dégradé, avec un commerce emblématique au pied du bâtiment et des logements à remettre dans le circuit. Dans les deux cas, la question n’est pas seulement de rendre les façades plus propres. Il s’agit de garder des logements habitables, des rues actives et des commerces qui ne se retrouvent pas seuls au milieu d’immeubles fatigués.

Le dispositif de rénovation du centre ancien de Melun a justement été conçu pour cela. L’opération programmée d’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain accompagne les propriétaires, les copropriétés et les immeubles dégradés, avec l’appui de l’agglomération, de la Ville, de l’Anah et de la société publique locale. L’investissement annoncé approche 11 millions d’euros. Depuis 2020, plus de 65 diagnostics d’immeubles ont été réalisés, couvrant 534 logements. La société publique locale indique que 5,2 millions d’euros de subventions ont été obtenus auprès de l’Anah et 1,25 million d’euros mobilisés par l’agglomération.

Ces chiffres donnent la mesure du problème. En 2022, l’Insee recensait à Melun un peu plus de 2 000 logements vacants, soit 9,9 % du parc. Près de 2 400 résidences principales avaient été construites avant 1945. Dans une ville comme Melun, le vieux bâti n’est donc pas un décor. C’est une partie concrète du logement disponible, de la consommation d’énergie, de la vie commerciale et de l’image du centre-ville.

La rénovation du centre ancien a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2026. Cette date ne changera pas seule l’allure des rues. Mais elle laisse encore du temps pour faire avancer des dossiers, immeuble par immeuble. À Melun, le centre ne se réparera pas par slogan. Il se réparera par adresses.