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Manifestations à Paris : incendies, pillages et secours autour de République

Le 17 octobre, des pompiers ont tenté d'accéder à des blessés boulevard du Temple. Autour de République, incendies et pillages ont accompagné un cortège pacifique vers Clichy.

Illustration - Manifestation autour de République à Paris

Des pompiers tentant d’accéder à des blessés, des commerces pillés et des véhicules incendiés. Ce samedi 17 octobre 2026, les affrontements entre groupes de manifestants et forces de l’ordre se sont prolongés en début de soirée autour de la place de la République, à Paris. À 18 h 09, des journalistes du Monde signalaient encore des pillages dans le quartier. Le nombre de blessés et l’étendue des destructions n’étaient pas consolidés.

À quelques rues, le cortège déclaré de cette même mobilisation, porté par des revendications contre la vie chère et pour l’éducation, avançait vers la place de Clichy dans une ambiance largement pacifique. Vers 18 heures, la foule débordait encore dans les rues adjacentes, faute de place pour progresser. Dans ces quartiers voisins, la progression du cortège, les interventions policières et les opérations de secours se déroulaient simultanément. Des passants ont aussi été exposés aux gaz lacrymogènes.

République : des incendies aux évacuations de blessés

Les affrontements avaient commencé avant le départ du cortège. Dès la fin de la matinée, des individus masqués lançaient des pavés et des mortiers d’artifice sur les forces de l’ordre, qui répondaient par des tirs de gaz lacrymogènes et l’emploi de canons à eau.

Les journalistes de l’Associated Press ont constaté des véhicules, des poubelles et un kiosque en feu autour de République. Plusieurs commerces ont également été attaqués.

Dans l’après-midi, les dégradations se sont multipliées. Selon Le Monde, des individus ont notamment pillé des boutiques SFR et Etam près de la place, ainsi qu’un Franprix boulevard du Temple. Plus tôt, rue Beaurepaire, des personnes étaient ressorties d’une supérette avec des marchandises, sous le regard désapprobateur de certains manifestants et les encouragements d’autres participants.

À 17 h 45, boulevard du Temple, la situation concernait directement les secours. Le journaliste Pierre Bouvier, du Monde, décrivait des policiers essayant de permettre aux pompiers d’approcher pour évacuer des blessés, alors que des feux d’artifice étaient tirés en direction des forces de l’ordre.

L’Associated Press rapporte plusieurs blessés au cours des affrontements. Leur nombre exact, leur gravité et les circonstances individuelles des blessures à Paris n’étaient pas établis dans les derniers bilans consultés.

À Sébastopol, des commerces pillés ; à Clichy, un cortège pacifique

Les violences se sont également déplacées vers le boulevard de Sébastopol. Vers 17 h 30, Le Monde y signalait des barricades et le pillage d’un Monoprix et d’un McDonald’s. Des groupes de policiers isolés, parfois composés d’une douzaine d’agents seulement face à une foule beaucoup plus nombreuse, ont utilisé des gaz lacrymogènes pour se dégager.

Dans le secteur de l’Opéra, Reuters a également constaté des vitrines endommagées et des passants incommodés par les gaz lacrymogènes.

Mais sur l’itinéraire déclaré, de République à Clichy par le boulevard de Magenta, le tableau était radicalement différent.

La préfecture de police annonçait dès 15 h 51 que la tête du cortège avait atteint la place de Clichy. À 16 h 41, des journalistes du Monde décrivaient une foule si dense qu’une partie des participants empruntait les rues voisines pour avancer. D’autres manifestants, arrivés trop tard à République, cherchaient à contourner les affrontements pour rejoindre le défilé.

À 18 h 03, place de Clichy, les chants de la Marseillaise, la musique et les danses se poursuivaient. La queue du cortège était encore loin d’avoir rejoint son point d’arrivée.

Les affrontements ne se déroulaient donc pas simplement à l’extrémité d’un cortège unique. Plusieurs rassemblements et groupes mobiles occupaient des rues proches, tandis que d’autres personnes cherchaient à rejoindre ou à quitter la manifestation autorisée. Les gaz lacrymogènes et les barrages policiers affectaient aussi des personnes qui ne participaient pas aux violences.

Un dispositif policier étendu, des heurts dans plusieurs quartiers

La préfecture de police avait interdit les rassemblements dans plusieurs secteurs de l’ouest parisien, notamment autour des Champs-Élysées et des institutions nationales. Des contrôles préventifs avaient également été engagés dès la matinée.

À 14 heures, elle recensait 133 interpellations dans la capitale, principalement pour des soupçons de participation à des groupements constitués en vue de commettre des violences ou des dégradations. À 15 heures, le ministère de l’Intérieur annonçait 272 interpellations dans toute la France. Ces deux bilans sont provisoires et concernent des périmètres différents.

En fin d’après-midi, plus de 300 manifestants ont également atteint le bas des Champs-Élysées, selon des constatations de l’AFP relayées par Le Monde. Des barrières de chantier ont été déplacées et les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes dans ce secteur interdit aux rassemblements.

Le ministère attribue une partie des violences à des groupes d’ultragauche. Cette qualification ne permet pas d’établir la responsabilité individuelle des personnes impliquées dans les incendies, les pillages ou les affrontements.

Métro, circulation : des perturbations au-delà des lieux d’affrontement

La journée a également perturbé les déplacements de Parisiens qui ne participaient pas aux manifestations.

À 18 h 42, la RATP signalait une interruption de la ligne 8 entre Invalides et Reuilly-Diderot, sans heure de reprise annoncée. Les accès aux stations République et Strasbourg-Saint-Denis étaient également fermés.

Ces perturbations s’ajoutaient aux fermetures préventives annoncées pour 25 stations, notamment Concorde, Opéra, Bastille et Barbès-Rochechouart.

Ces mesures, détaillées dans notre précédent article sur les restrictions du métro, ne correspondent pas toutes à des lieux d’affrontement. Elles couvrent également des zones protégées par précaution.

Le rétablissement de la desserte dépend des autorisations de la préfecture. Les voyageurs peuvent consulter les informations trafic actualisées de la RATP avant de se déplacer.

Aucune consigne générale d’évacuation ou de confinement des habitants des quartiers concernés n’a été identifiée. Il convient néanmoins d’éviter les secteurs où se poursuivent des affrontements ou des interventions de secours.

Pour les commerçants et propriétaires de véhicules touchés, viendront ensuite les déclarations de sinistre et l’évaluation des dommages. Aucun montant global des dégâts à Paris n’était disponible dans les dernières informations vérifiées.

À la tombée du jour, deux situations devaient encore être suivies : autour de République et du boulevard du Temple, l’accès des secours, les blessés et la sécurisation des rues ; vers la place de Clichy, l’arrivée des derniers manifestants, dont une grande partie n’avait toujours pas atteint la destination vers 18 heures.

Sources consultées
  1. Le MondeEn direct, manifestations du 17 octobre : la CGT annonce 500 000 manifestants en France, où des cortèges paisibles côtoient de nombreuses scènes de violences
  2. Associated PressClashes and fires break out as protesters rally across France, joining students
  3. ReutersFrench police clash with protesters as tens of thousands rally over cost of living
  4. L'InternauteManifestations du 17 octobre : le cortège parisien s'est élancé, la mairie de Marseille vandalisée
  5. RATPInformation trafic métro, ligne 8