
Une basketteuse bleue de douze mètres, les bras levés vers un ballon, domine désormais la rue Charles-Hermite, dans le 18e arrondissement de Paris. Au-dessus d’elle, une phrase écrite par un jeune du quartier : « La lumière est un sommet que seules les épaules éprouvées atteignent. »
Inaugurée en octobre sur la façade de l’Espace Paris Jeunes La Villa, cette fresque peinte par l’artiste Tcheko est née d’ateliers avec les jeunes de Charles-Hermite. À 500 mètres de l’Adidas Arena, elle raconte une histoire moins sportive qu’il n’y paraît.
Une basketteuse inspirée d’Atlas
Pendant les ateliers organisés par l’association Hypermur, les participants ont évoqué leur quotidien, leurs envies et leur rapport au quartier. Tcheko, alias David Latulipe, raconte avoir été frappé par le sentiment d’isolement exprimé lors de ces discussions.
L’artiste a traduit cette impression en empruntant à la mythologie grecque. Sa basketteuse s’inspire d’Atlas, condamné à soutenir la voûte céleste. Mais il a choisi une femme pour évoquer aussi, selon son intention, les charges supportées par les habitantes du quartier.
Les jeunes n’ont pas peint la fresque. Ils ont participé aux ateliers qui en ont orienté le thème et les symboles. L’un d’eux a écrit la devise qui surplombe aujourd’hui la joueuse.
Tout près de l’Arena, mais à l’écart
À 500 mètres de Charles-Hermite, l’Adidas Arena a ouvert pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Elle accueille désormais le Paris Basketball.
La Paris Basketball Foundation, fondation du club, a lancé le projet avec Hypermur. Dans le cadre de son programme Urban Art, les jeunes participent à des ateliers de conception, puis un artiste réalise la fresque. Le club espère ainsi nouer des liens avec ses voisins.
La salle attire les foules. Lors des ateliers, des jeunes du quartier ont pourtant confié à Tcheko leur sentiment d’isolement.
Cette parole trouve un écho particulier dans un quartier en pleine transformation. La cité Charles-Hermite fait l’objet d’une rénovation conduite par Paris Habitat, tandis que l’opération Gare des Mines-Fillettes doit créer de nouveaux logements, espaces publics et liaisons avec le reste du secteur.
Au milieu de ces transformations, la fresque donne déjà une place visible aux mots d’un jeune du quartier.
Une œuvre pour au moins cinq ans
Trouver une façade adaptée a demandé près d’un an de recherches, selon Renaud Cousin, directeur d’Hypermur. Celle de La Villa, au 48, rue Charles-Hermite, a finalement été retenue.
La fresque doit y rester visible pendant au moins cinq ans. Une seconde création est envisagée sur la devanture de l’Espace Paris Jeunes, toujours avec la participation des jeunes.
Sur la façade de La Villa, la devise écrite par un jeune de Charles-Hermite dominera donc la rue pendant au moins cinq ans.