
À Paris, l’adaptation des écoles à la chaleur ne commencera pas par leur rénovation complète. La Ville mobilise 400 millions d’euros sur la mandature et fixe un objectif beaucoup plus rapide : elle veut équiper chaque crèche, école et collège d’au moins une salle rafraîchie dès l’été 2027. En parallèle, la rénovation complète des 631 écoles et 454 crèches municipales doit s’étaler jusqu’en 2050. Le plan superpose ainsi deux calendriers : assurer rapidement un refuge contre la chaleur partout, puis transformer profondément les bâtiments au fil des décennies.
L’été 2026 explique l’accélération. Météo-France le classe comme le plus chaud observé en France depuis 1900, avec 53 jours de vague de chaleur. À Paris, des travaux d’urgence ont été menés dans une centaine d’établissements : brasseurs d’air dans 81 salles, 35 nouvelles cours Oasis et nouvelles menuiseries dans 28 écoles, entre autres interventions. Ces travaux, déjà engagés lors de la rentrée de septembre, s’inscrivent désormais dans le programme d’adaptation à 400 millions d’euros.
Une « salle rafraîchie » ne signifie cependant pas que tout l’établissement sera maintenu à une température donnée. Pour ces pièces, la Ville prévoit selon les sites des raccordements au réseau de froid parisien, de la géothermie ou des solutions expérimentales utilisant les réseaux d’eau potable ou d’assainissement. Autour de ce refuge s’ajouteront des interventions plus légères : protections solaires dans plus de 360 établissements, brasseurs d’air dans près de 130, cours végétalisées, ombragées ou brumisées. À l’école de la Jussienne, dans le 2e arrondissement, une première configuration associe déjà salle rafraîchie, réseau Fraîcheur de Paris, brasseurs d’air et cour Oasis.
À Franc-Nohain, dans le 13e, la Ville a relevé 42 °C dans une partie non rénovée pendant la canicule de juin : un bâtiment des années 1950 en béton, largement vitré et exposé plein sud. Six salles y servent de laboratoire pour tester protections solaires, ventilation nocturne, isolation et brasseurs d’air avant une rénovation globale prévue entre 2026 et 2029. L’âge du bâtiment, son orientation et son mode de construction compliquent donc l’application d’une recette unique à tout Paris.
Pour les rénovations complètes, la Ville doit encore hiérarchiser les prochains établissements. Emmanuel Grégoire a indiqué qu’elle tiendrait compte à la fois de l’architecture des bâtiments et de l’évolution de la démographie scolaire pour établir les priorités. La rénovation complète, lancée en 2024 avec une première enveloppe de 100 millions d’euros, traite en une seule opération isolation, ventilation, confort d’été, accessibilité, énergie et espaces extérieurs. Elle n’est donc pas l’équivalent des interventions rapides financées par le nouveau plan.
Le plan à 400 millions d’euros cherche ainsi d’abord à gagner du temps et à couvrir tout le parc : faire en sorte qu’un enfant ou un membre du personnel puisse trouver un espace plus frais dans son établissement sans attendre la rénovation intégrale de celui-ci. La Ville n’a pas encore publié de seuil commun de température ou de performance définissant précisément une « salle rafraîchie ». À l’été 2027, on pourra en revanche vérifier établissement par établissement si la salle promise a effectivement été aménagée.
Sources consultées
- Ville de ParisFace au changement climatique, Paris s’adapte et accélère ses transformations
- Ville de ParisLes écoles et crèches parisiennes vont être entièrement rénovées
- Ville de ParisÉcorénovation des écoles parisiennes : jusqu'à 10 degrés de moins dans une école pilote du 13e
- Météo-FranceBilan climatique de l’été 2026
- Le MondeLa Ville de Paris concrétise le « bricolage » d’urgence proposé par Emmanuel Grégoire pour adapter les écoles après un été de canicules