
En 2023, le 8e compte 27 411 logements. Mais seuls 63,3 % sont des résidences principales. Les résidences secondaires ou occasionnelles en représentent 23,1 %, les logements vacants 13,6 %. À l’échelle de Paris, 80,2 % des logements servent de résidence principale. L’écart est considérable.
Il l’est davantage encore lorsqu’on remonte la série. Entre 2012 et 2023, le parc du 8e a gagné 665 logements, passant de 26 746 à 27 411. Dans le même temps, le nombre de résidences principales a reculé de 1 290. Les résidences secondaires ou occasionnelles ont progressé de 5 224 à 6 331 et les logements vacants de 2 874 à 3 722. Le parc total a donc augmenté tandis que le nombre de logements servant de résidence principale diminuait.
Ce phénomène ne date pas du Portrait social 2026. Dans une étude consacrée aux logements inoccupés, l’Atelier parisien d’urbanisme plaçait déjà le 8e en tête des arrondissements parisiens en 2020, avec 36 % de logements ne constituant pas une résidence principale, devant le 7e à 34 %. L’Apur emploie ici « inoccupé » dans son sens statistique : la catégorie rassemble logements vacants, résidences secondaires et logements occasionnels. Elle ne signifie donc pas que plus d’un tiers des appartements sont physiquement vides toute l’année.
Le parc effectivement habité révèle un second déséquilibre. Un quart des résidences principales du 8e comptent au moins cinq pièces, contre 9,2 % à Paris. Selon l’indice de peuplement de l’Insee, 45,9 % des résidences principales du 8e sont sous-occupées en 2023, contre 31,7 % à Paris. À l’autre bout de l’échelle, 26,8 % sont suroccupées. Seuls 27,3 % des logements se situent exactement dans la norme de peuplement statistique.
Cette norme compare le nombre de pièces au nombre théoriquement nécessaire compte tenu de la composition du ménage. Une sous-occupation ne transforme donc pas magiquement une chambre libre en logement disponible. Mais elle montre pourquoi le volume brut du parc dit peu de chose sur son usage réel : dans le même arrondissement, des ménages disposent de beaucoup plus de pièces que la norme tandis que d’autres en manquent.
Ce déséquilibre donne une portée particulière aux politiques parisiennes visant les logements non occupés à titre principal. Paris applique déjà une majoration de 60 % de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. À partir du 1er janvier 2027, une nouvelle taxe locale doit frapper les logements vacants depuis au moins un an, avec un taux parisien fixé à 30 % la première année d’imposition puis 60 % à partir de la deuxième. La Ville dit vouloir remettre environ 20 000 logements vacants sur le marché à l’échelle de la capitale.
Tous les logements secondaires ou vacants du 8e ne pourraient évidemment pas devenir des résidences principales : l’Apur distingue notamment vacance de rotation, travaux, usages professionnels occasionnels ou situations durables. Mais les chiffres récents déplacent clairement le diagnostic. La question n’est pas seulement combien de logements existent, mais ce qu’ils deviennent.
En 2023, 10 053 logements du 8e ne servent pas de résidence principale : 6 331 sont secondaires ou occasionnels et 3 722 sont vacants. Pendant que le parc total augmentait, ce nombre, lui aussi, a continué de grossir.
Sources consultées
- InseeDossier complet – Commune de Paris 8e Arrondissement, logement en 2023
- InseeDossier complet – Département de Paris
- InseeIndice de peuplement des logements
- Atelier parisien d’urbanismeLogements inoccupés à Paris : état des lieux et leviers pour l’action publique
- Ville de ParisTaxes et impôts
- Ville de ParisLogements vacants : la Ville de Paris adopte une surtaxe pour remettre 20 000 biens sur le marché