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Sous l’Hôtel-Dieu, un mur gaulois rouvre l’énigme de Lutèce

Vingt mètres d’un mur de pierre et de bois ont été mis au jour sous l’Hôtel-Dieu. Son identification au rempart de la Lutèce des Parisii reste à démontrer.

Mur gaulois sous l’Hôtel-Dieu

Dans une cour de l’Hôtel-Dieu, sur l’île de la Cité, les archéologues ont dégagé cet été un mur conservé sur une vingtaine de mètres. L’ouvrage mêle blocs de pierre et éléments de bois selon une technique caractéristique des fortifications gauloises de la fin de l’âge du Fer.

Ce que les fouilles ont livré autour de lui explique l’intérêt suscité par la découverte. Derrière le mur, une plateforme artificielle de sables et de graviers atteint près de deux mètres d’épaisseur. Le parement porte de fortes traces d’incendie. Des graines carbonisées, les vestiges d’un bâtiment en bois brûlé et un fer de lance gaulois ont également été retrouvés à proximité.

Les premières datations au carbone 14 placent certains éléments de bois entre 200 et 10 avant notre ère. Avec l’architecture de l’ouvrage et le mobilier retrouvé, elles confortent nettement son attribution à la période gauloise. Elles ne suffisent pas à identifier le mur au rempart de Lutèce.

Jules César décrit dans la Guerre des Gaules un oppidum des Parisii, incendié en 52 avant notre ère lors de la campagne menée par son lieutenant Labienus. Jusqu’ici, l’archéologie n’avait pas fourni sur l’île de la Cité de vestige assez convaincant pour clore la discussion sur la localisation de cette ville fortifiée. Les importantes découvertes gauloises réalisées à Nanterre avaient même conduit à envisager sérieusement une implantation de Lutèce plus à l’ouest.

Le mur de l’Hôtel-Dieu remet donc l’île de la Cité au centre du dossier avec un ouvrage gaulois conservé sur une vingtaine de mètres. Mais trois questions restent ouvertes : sa fonction exacte, sa date de construction et la nature de l’incendie qui l’a affecté. Rien ne permet encore d’associer ce feu à celui raconté par César.

Une fouille complémentaire doit maintenant préciser sa fonction et sa chronologie. Le chantier archéologique, mené par le pôle archéologique de la Ville de Paris et l’Inrap dans le cadre de la restructuration de l’Hôtel-Dieu, avait commencé en février 2026. C’est donc la transformation actuelle de l’hôpital qui a ouvert cette fenêtre sur les couches les plus anciennes de Paris.

Le vestige ne sera pas conservé sur place. Il doit être documenté avec précision, notamment en photogrammétrie 3D, avant son démontage. Un moulage est prévu et une portion reconstituée, utilisant certaines pierres originales, doit ensuite être présentée dans un musée parisien.

Il faudra attendre les prochaines fouilles pour savoir si ces vingt mètres appartenaient réellement à l’enceinte de l’oppidum des Parisii. Ils ont déjà remis sous les yeux des archéologues une structure gauloise là où l’histoire de Lutèce se cherche depuis longtemps : sous l’île de la Cité elle-même.

Sources consultées
  1. Ministère de la CultureDécouverte archéologique : le rempart de Lutèce Gauloise retrouvé sous l'Hôtel Dieu AP-HP à Paris
  2. Ville de ParisCette découverte archéologique exceptionnelle pourrait changer l’histoire de Paris