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À Paris, l’AP-HP conçoit aussi ses propres outils

À la Pitié-Salpêtrière, une exposition montre comment l’AP-HP repense objets, espaces et services, jusqu’à fabriquer des pièces sur mesure avec PRIM3D.

Illustration du design hospitalier à Paris

Un outil d’éducation thérapeutique, un espace repensé ou une pièce fabriquée sur mesure : à l’AP-HP, le design ne consiste pas seulement à choisir des couleurs ou une signalétique. Une exposition qui ouvre ce mardi 22 septembre à la Pitié-Salpêtrière montre comment l’hôpital utilise la conception pour résoudre des problèmes rencontrés par les patients et les soignants.

Installée jusqu’au 27 septembre dans la Chapelle Saint-Louis, l’exposition rassemble objets, espaces, outils d’éducation thérapeutique et dispositifs de médiation. Leur point commun tient moins à leur apparence qu’à la méthode : partir des usages, associer les personnes concernées, fabriquer ou aménager une première solution, puis la tester.

Cette logique produit des résultats très différents. En hospitalisation à domicile, l’AP-HP a par exemple développé avec des aidants des affiches, des kits pratiques et un carnet d’accompagnement destinés à mieux les orienter pendant le parcours de soins. Dans un registre beaucoup plus technique, elle possède aussi sa propre plateforme d’ingénierie et de fabrication.

PRIM3D occupe plus de 200 m² dans le 14e arrondissement. Active depuis 2023, elle travaille pour les équipes des 38 hôpitaux de l’AP-HP et peut passer de la modélisation d’une idée à la fabrication d’une pièce unique ou d’une micro-série. Elle réalise notamment des simulateurs anatomiques pour la formation, des modèles destinés à l’éducation des patients et des outils conçus pour des besoins de recherche, de soin ou d’ergonomie.

L’intérêt apparaît lorsqu’un problème hospitalier est trop particulier pour trouver sa réponse dans un catalogue. Un modèle peut reproduire l’anatomie d’un patient avant une opération. Un simulateur permet de répéter un geste sans utiliser de sujet anatomique. Une pièce peut aussi être dessinée pour prolonger l’usage d’un équipement ou répondre à une contrainte rencontrée dans un service.

Cette liberté a une limite nette. Fabriquer un prototype utile ne suffit pas à en faire un dispositif médical destiné au soin. Matériaux, qualité, stérilisation, biocompatibilité et réglementation entrent alors en jeu. Lors d’un colloque accueilli par PRIM3D en mai, l’AP-HP présentait précisément ces exigences comme indispensables au développement de la fabrication 3D en santé.

Le design hospitalier couvre ainsi un spectre inhabituellement large : parfois modifier un parcours ou un support d’information, parfois repenser une salle, parfois faire travailler ensemble un soignant et un ingénieur autour d’un objet qui n’existe pas encore. Tous ces projets n’ont ni le même degré de maturité ni la même portée, et la page de l’exposition ne publie pas la liste détaillée des réalisations présentées cette semaine.

L’exposition permet néanmoins de voir une compétence habituellement cachée derrière le fonctionnement quotidien d’un grand hôpital. À quelques stations de métro de la Pitié-Salpêtrière, PRIM3D en montre la version la plus matérielle : dans son atelier du 14e arrondissement, un besoin observé dans un service peut finir sous la forme d’une pièce fabriquée à quelques kilomètres du patient.

Sources consultées
  1. AP-HPExposition : le design à l’AP-HP
  2. AP-HPPRIM3D
  3. Hospitalisation à domicile AP-HPPlan patient HAD AP-HP
  4. AP-HPImpression 3D en santé : un colloque pour parler des applications en soins présentes et à venir