
Samedi 19 septembre à midi, les basses repartiront de la place de la Bastille. Dix chars doivent rejoindre Nation vers 18 heures par les boulevards Beaumarchais, des Filles-du-Calvaire et du Temple, la place de la République puis le boulevard Voltaire. La 26e Techno Parade est gratuite et retrouve, après deux ans d’absence, les grands axes de l’est parisien.
La dernière édition remonte à 2023. En 2024, les Jeux olympiques et paralympiques avaient conduit à son annulation. L’année suivante, l’obstacle était financier : Technopol, l’association organisatrice, expliquait que l’événement reposait principalement sur des partenaires privés devenus plus difficiles à mobiliser et annonçait vouloir revoir son modèle. Le retour de samedi met fin à cette interruption.
La parade retrouve surtout sa spécialité : faire sortir au grand jour une culture qui vit le reste de l’année dans les clubs, les festivals et les soirées. Les dix chars représentent aussi bien des collectifs que des médias ou des lieux de fête. Phantom, le club installé sous l’Accor Arena, défile ainsi aux côtés d’Organik, de Radio Mamè, de Techno Ride ou de Claquettes Chaussettes. Pendant quelques heures, cette scène devient visible dans l’espace public, derrière des enceintes montées sur des camions.
L’invitée d’honneur relie cette édition aux origines du genre. Visit Detroit dispose de son propre char, avec Kevin Saunderson, membre des Belleville Three associés aux débuts de la techno à Détroit, DJ Minx, fondatrice de Women on Wax, et DJ Holographic. Leur présence rattache directement le parcours parisien à la ville américaine où la techno s’est constituée comme genre à partir des années 1980.
La dimension revendicative n’a pas disparu avec les deux années blanches. Technopol a annoncé vouloir profiter du défilé pour demander l’abrogation de la loi RIPOST, promulguée le 18 août, qui a durci le régime applicable à certains rassemblements festifs musicaux non déclarés. Le ministère de l’Intérieur présente ces dispositions comme un moyen de lutter contre les free parties illégales ; Technopol les conteste au nom des cultures électroniques indépendantes. Cette tension prolonge une histoire ancienne de la parade, créée en 1998 autant pour célébrer ces musiques que pour leur donner une place publique.
Samedi, cette place sera d’abord physique. De Bastille à Nation, dix sound systems avanceront pendant six heures au milieu de Paris, là où ils n’avaient plus défilé depuis septembre 2023.
Sources consultées
- Paris je t’aimeTechno Parade
- TechnopolPourquoi la Techno Parade 2025 n’aura pas lieu ?
- Le Parisien« Une des villes où la musique électronique est née » : la Techno Parade fait son grand retour à Paris et met Détroit à l’honneur
- TechnopolLa Techno Parade
- Ministère de l’IntérieurLoi RIPOST : une avancée majeure pour la sécurité des Français