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Lavage de la Madeleine : le rite déplacé des marches, selon Viva Madeleine

Pour sa 25e édition, Viva Madeleine affirme que le lavage des marches n’a pas été autorisé. Un épisode qui renvoie aux débuts parisiens du rituel en 1998.

Illustration du Lavage de la Madeleine

Selon l’association Viva Madeleine, le geste qui donne son nom au Lavage de la Madeleine ne devait pas avoir lieu cette année sur les marches de l’église. Deux jours avant la cérémonie du 13 septembre, l’association a annoncé que le curé de l’église, Mgr Patrick Chauvet, lui avait signifié que le lavage des marches ne serait pas autorisé. Le cortège et le rituel étaient maintenus, mais déplacés dans l’espace public devant l’église. La paroisse n’avait pas publié d’explication publique de cette décision à 17 h 27.

Cette 25e édition marque précisément une pratique qui s’est construite à Paris en négociant sa place devant les églises. Roberto Chaves, dit Robertinho, danseur originaire de Bahia installé à Paris, organise un premier lavage en 1998 au Sacré-Cœur avec la productrice Fafá Leonardo. Faute d’autorisation de l’église, le petit cortège de capoeiristes, percussionnistes, Bahianaises vêtues de blanc et un babalorixá accomplit déjà le rituel sur un escalier extérieur.

Après une tentative infructueuse auprès de Notre-Dame, Robertinho Chaves obtient en 2002 l’accord du curé de la Madeleine, qui connaît le rituel bahianais et autorise le lavage des marches ainsi qu’une célébration œcuménique. La première édition à la Madeleine réunit environ 200 participants. Le cortège grandit ensuite, quitte les abords immédiats de l’église et finit par partir de République pour traverser les Grands Boulevards.

Ce parcours explique ce que Paris a réellement adopté. Le Lavage vient des cérémonies de Bahia, où catholicisme et candomblé se rencontrent autour du lavage d’églises. À Paris, des femmes en vêtements blancs, des percussionnistes, des danseurs et des capoeiristes accompagnent le cortège ; eau parfumée, fleurs et balais marquent le rituel final. Autour de lui se sont agrégées des associations et des pratiques transmises toute l’année, de la capoeira aux percussions afro-brésiliennes. Depuis 2022, le Lavage de la Madeleine figure à l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel.

L’inscription à l’Inventaire n’a pas figé la tradition ni réglé son rapport au lieu qui lui donne son nom. Vingt-huit ans après le premier lavage parisien au Sacré-Cœur, et vingt-quatre ans après son installation à la Madeleine, la question est presque revenue à son point de départ : jusqu’où un rite venu de Bahia peut-il prendre place autour d’une église parisienne ?

Le déroulement effectif de la cérémonie annoncée à 14 heures n’était pas encore confirmé publiquement à 17 h 27 ce dimanche. Viva Madeleine avait annoncé que le geste serait déplacé de quelques mètres : devant la Madeleine, dans l’espace public, avec les Bahianaises, les fleurs et l’eau parfumée, mais sans lavage des marches de l’église.

Sources consultées
  1. Festival du Lavage de la Madeleine / Viva MadeleineCommuniqué officiel concernant la célébration du rituel traditionnel de la 25ème édition du Lavage de la Madeleine
  2. Ministère de la CultureLe Lavage de la Madeleine : quand Bahia s’invite à Paris
  3. Ministère de la CultureLe Lavage de la Madeleine, fiche d’inventaire du patrimoine culturel immatériel