
Paris a suspendu la majoration de 5 euros prévue pour certaines absences et présences non planifiées à la cantine. La décision est confirmée par la mairie du 11e, qui l’attribue à la Ville de Paris et annonce un dialogue avec les représentants de parents. Au 8 septembre, la page tarifaire centrale de Paris.fr continue pourtant d’afficher la majoration comme applicable.
La règle, issue de la réforme de la cantine adoptée en juin, était moins simple que ne le laisse penser l’expression d’« amende de 5 euros ». Chaque famille choisit désormais à l’avance les jours où son enfant déjeune à la cantine. Une absence non déductible devait ensuite être facturée au tarif normal augmenté de 5 euros, tout comme une présence exceptionnelle. Pour les deux premières tranches du quotient familial, devenues gratuites cette année, un repas à 0 euro pouvait ainsi devenir un repas à 5 euros.
Mais la délibération prévoyait déjà une soupape pour la rentrée. Jusqu’à la fin de la première campagne d’inscription, fixée au 21 septembre dans les secteurs gérés par Paris Familles, aucune absence ne doit être facturée, qu’elle soit justifiée ou non. Cette exemption ne concernait pas les présences exceptionnelles, qui restaient soumises aux 5 euros dans le texte voté. La suspension intervient donc avant que la majoration sur les absences puisse réellement commencer dans ces secteurs, mais pas avant toute application possible du nouveau dispositif.
Ces 5 euros répondaient à un problème bien réel. Paris doit prévoir les quantités à cuisiner, les stocks et les équipes pour plus de 21 millions de repas produits chaque année par ses 17 caisses des écoles. Le coût complet d’un repas, personnel et fonctionnement compris, dépasse 12 euros selon la Ville, alors que le tarif demandé aux familles va désormais de 0 à 7 euros. Réserver un repas qui ne sera pas consommé a donc un coût et alimente le gaspillage.
La règle votée en juin cherchait d’ailleurs à corriger un système antérieur assez bancal : une présence exceptionnelle était auparavant facturée 7 euros quelle que soit la tranche de revenus. Le nouveau système remplaçait ce tarif unique par le prix habituel de la famille augmenté de 5 euros. Plus cohérent sur le papier, il produisait toutefois un résultat difficile à défendre pour les foyers nouvellement exonérés : un repas ordinaire gratuit, un écart au planning facturé 5 euros.
L’épisode met aussi en lumière l’organisation particulière de la restauration scolaire parisienne. La grille tarifaire est commune à toute la capitale et les 17 caisses des écoles continuent de produire et distribuer les repas. Mais depuis cette rentrée, Paris Familles assure inscriptions et facturation à Paris Centre et dans dix arrondissements, tandis que les 5e, 9e, 15e, 16e, 17e et 18e conservent leur propre circuit. Une même décision doit donc être appliquée par plusieurs circuits administratifs.
La suspension retire pour l’instant ce supplément de 5 euros. Elle ne supprime pas le problème qui avait conduit Paris à revoir ses règles : savoir combien d’enfants déjeuneront réellement et ajuster les quantités préparées. Aucune nouvelle formule n’est encore publiée sur la page centrale.
Dans les secteurs passés à Paris Familles, les repas de septembre seront facturés avec ceux d’octobre sur une facture émise début novembre. Paris dispose donc de quelques semaines pour aligner sa décision, ses pages d’information et sa facturation. D’ici là, il lui faut surtout arrêter une règle qui permette aux cuisines de prévoir sans transformer chaque changement de planning en pénalité.