
À Lariboisière, le nouvel hôpital est désormais entré dans la vie quotidienne. Les premières activités d’imagerie y fonctionnent depuis le 24 août. Le 31 août, l’accueil principal et le Bureau des admissions ont ouvert dans le bâtiment neuf. La stérilisation les a rejoints le 2 septembre.
L’ouverture n’a pourtant pas de jour J. Les unités d’hospitalisation, les soins critiques, les blocs opératoires, la maternité et les urgences doivent basculer progressivement, avec une installation de tous les services concernés prévue d’ici fin novembre. En juillet, La Clé Publique détaillait encore ce calendrier avant l’arrivée des patients. Il est désormais en cours d’exécution.
Cette succession révèle une contrainte propre à un grand déménagement hospitalier : remplacer une partie centrale d’un établissement qui continue de fonctionner. La pharmacie avait commencé à s’installer dès fin juin. Ont suivi l’imagerie, la lingerie, les admissions puis la stérilisation. Les fonctions médicales et logistiques ne basculent donc pas toutes en même temps, mais suivant un calendrier qui doit maintenir les circuits nécessaires aux soins pendant toute la transition.
La documentation actualisée de Lariboisière prévoit 610 lits sur le site, dont 495 dans le nouveau bâtiment, qui concentrera notamment 73 lits de soins critiques et 17 salles d’opération. Elle chiffre l’ensemble de l’opération à 460 millions d’euros, en incluant études, démolitions, construction et équipements médicaux, non médicaux et informatiques.
Ce regroupement répond à une faiblesse ancienne du site. Construit au XIXe siècle selon un plan pavillonnaire, Lariboisière a aujourd’hui des blocs, de l’imagerie ou de la réanimation répartis entre plusieurs bâtiments et niveaux. Le bâtiment neuf doit réunir hospitalisation, soins critiques, blocs, urgences et imagerie. Les bâtiments historiques ne disparaissent pas : ils doivent être réhabilités notamment pour les consultations, l’ambulatoire et les fonctions tertiaires.
Ces capacités anticipent aussi la réorganisation hospitalière du nord de Paris. Lariboisière annonce des urgences générales et spécialisées capables d’accueillir jusqu’à 140 000 patients par an, contre environ 100 000 actuellement. L’hôpital relie explicitement cette hausse au futur Campus hospitalo-universitaire Grand Paris Nord de Saint-Ouen, appelé à regrouper les activités de Bichat et Beaujon.
Pour les patients, la bascule se lit déjà aux portes de l’hôpital. L’entrée principale est désormais au 41 boulevard de la Chapelle. Celle du 2 rue Ambroise-Paré reste accessible aux patients et visiteurs en journée et en semaine, tandis que les urgences générales disposent de leur accès au 115 rue de Maubeuge. Jusqu’à fin novembre, la géographie de Lariboisière continuera donc de changer au rythme des services qui traversent le site.