
Paris compte désormais plus de places pour garer les vélos que les voitures. Au 1er janvier 2026, la Ville en recense 136 510 pour les vélos et vélos-cargos sur la voirie, bois compris, contre 119 623 pour les véhicules motorisés. Ce sont des emplacements, pas une comparaison des surfaces occupées, mais le basculement matérialise plusieurs années de redistribution de la rue parisienne.
Les usages suivent. Sur le réseau de comptage comparable entre 2024 et 2025, le volume de circulation à vélo a progressé de 7,9 %. Il est désormais supérieur de 47 % à celui mesuré en 2020 sur une base constante. Dans le même temps, Paris a porté son linéaire cyclable à 1 607 km, soit 31 km supplémentaires en un an. Ce total rassemble des aménagements de nature très différente, des pistes aux bandes cyclables, en passant par les doubles-sens et certaines voies partagées.
Les trois progressent en même temps : fréquentation, itinéraires et stationnement dédié. Le nombre de places pour vélos a ainsi augmenté de 14,5 % en une seule année. À Paris, où la voirie est comptée, ce choix d’espace importe autant que les courbes de fréquentation.
Le bilan 2025 apporte toutefois un contrepoint. La circulation automobile ne diminue plus dans Paris intra-muros par rapport à 2024. Cette stabilité intervient alors même que l’année 2024 avait été marquée par les restrictions liées à la préparation et à la tenue des Jeux olympiques et paralympiques. Elle tranche avec la tendance longue : depuis 2002, le volume de circulation automobile a reculé de 60 % dans Paris.
Le vélo continue donc de progresser alors que la contraction du trafic automobile s’interrompt en 2025. Pendant longtemps, l’essor du vélo et la baisse de la voiture avançaient ensemble. Cette année, Paris continue d’ajouter des aménagements et du stationnement pour les cyclistes sans enregistrer une nouvelle baisse du trafic automobile.
La transformation reste visible à hauteur de trottoir. Dans les rues parisiennes, elle tient aussi à un objet banal : l’arceau à vélo.