
Samedi 22 août, une femme qui cherchait à gagner une partie interdite du sous-sol parisien a chuté d’environ six mètres. Les sapeurs-pompiers de Paris ont fait intervenir le GRIMP, leur groupe spécialisé dans les milieux périlleux, pour extraire la victime, ensuite conduite à l’hôpital.
Elle ne se trouvait pas dans les Catacombes que l’on visite à Denfert-Rochereau. Au sens propre, le nom « Catacombes de Paris » désigne le tronçon d’anciennes carrières transformé en ossuaire à partir de 1786. L’employer pour l’ensemble des carrières sous Paris est un glissement de sens.
Le parcours ouvert au public mesure 1,5 km, à environ 20 mètres sous terre, avec 243 marches. L’ossuaire n’occupe qu’une petite partie d’un labyrinthe d’anciennes carrières qui s’étend sous environ 800 hectares de la capitale. Le ministère de l’Intérieur évalue à 280 km le réseau de galeries souterraines parisiennes concerné par l’interdiction.
Interdites d’accès sans autorisation depuis 1955, ces galeries continuent pourtant d’être parcourues. Et cette fréquentation laisse des traces physiques. En 2025, le ministère décrivait des plaques d’accès dessoudées et des passages creusés entre galeries, les « chatières », signalés à l’Inspection générale des carrières puis rebouchés ou condamnés. Il indiquait aussi que l’apparition cyclique de nouvelles brèches s’accompagnait d’une hausse de fréquentation.
Une fiche de poste publiée par la Ville de Paris en 2022 montre à quel point cette fréquentation laisse des traces. Les puisatiers de l’Inspection générale des carrières pouvaient être chargés d’enlever dans les puits des « équipements cataphiles », notamment des échelons et des pitons, puis de souder certains tampons d’accès.
La fréquentation clandestine laisse donc des marques très matérielles : un passage creusé, un piton posé, une plaque ouverte, puis du béton injecté ou un accès ressoudé. En 2024, 342 contraventions ont été dressées pour présence illégale dans les carrières. Entre 2020 et 2023, les pompiers y sont intervenus 17 fois et ont porté assistance à 104 personnes.
L’accident de samedi ramène cette géographie à une réalité physique. Dans le musée, la descente et la remontée suivent 243 marches aménagées. Dans le réseau interdit, une chute de six mètres a nécessité l’intervention de secouristes spécialisés.
Sources consultées
- Brigade de sapeurs-pompiers de ParisBrancardage d'une personne tombée dans une excavation à Paris
- Catacombes de Paris / Paris MuséesInformations pratiques
- Ministère de l’Intérieur / SénatDangers liés aux explorations illicites dans les catacombes de Paris
- Ville de ParisBulletin officiel de la Ville de Paris du 1er février 2022, fiche de poste de puisatier à l’Inspection générale des carrières