
Samedi 22 août, les 253 personnes qui campaient devant la mairie de Paris Centre ont été conduites vers deux gymnases municipaux des 10e et 12e arrondissements. Avec ces deux ouvertures, la Ville indique que dix gymnases parisiens sont désormais réquisitionnés pour héberger des personnes sans abri.
Cette mobilisation est la nouvelle étape d’un déplacement commencé dans le 13e arrondissement. Le 13 août, l’État avait évacué le campement installé devant le Samusocial, où la Ville comptait environ 400 personnes, dont au moins 150 enfants. Une partie avait ensuite rejoint la rue Eugène-Spuller, devant la mairie de Paris Centre. Cette évacuation avait laissé entière la question de la saturation du 115.
L’hébergement d’urgence relève de l’État : le Code de l’action sociale et des familles lui attribue les dépenses d’aide sociale correspondantes et prévoit qu’une personne sans abri en situation de détresse doit pouvoir accéder à un dispositif d’hébergement d’urgence. Pour cette opération, la Ville fournit les bâtiments utilisés pour la mise à l’abri.
Fin 2025, 44 000 places d’hébergement étaient régulées par le SIAO 75, tous dispositifs confondus. Ce total n’est pas un stock de lits libres à chaque instant. Dans la nuit du 22 au 23 janvier 2026, 3 858 personnes ont encore été recensées sans solution d’hébergement à Paris, un record depuis le lancement de la Nuit de la Solidarité en 2018. Le Samusocial indique que les demandes dépassent les places disponibles, ce qui conduit le 115 à donner la priorité aux situations les plus vulnérables.
Dans ce système tendu, le gymnase possède un avantage évident : il peut être ouvert vite. La Ville affirme avoir créé près de 300 places supplémentaires pendant l’été et cherche désormais à organiser la sortie progressive de ces équipements vers des hébergements plus pérennes. Une salle de sport peut répondre à l’urgence, mais elle ne crée ni logement ni capacité durable.
Pour les 253 personnes parties samedi de la rue Eugène-Spuller, le campement a disparu. La question est désormais de savoir combien de temps les deux gymnases des 10e et 12e devront rester leur adresse provisoire.
Sources consultées
- Ville de Paris, Paris PresseSuite à l'évacuation forcée par les services de l'Etat du site du Samu social, la Ville de Paris engage la mise à l'abri de l'ensemble des 253 personnes qui s'étaient installées devant la mairie de Paris Centre
- Ville de Paris, Paris PresseÉvacuation du campement devant le Samu social de Paris : la Ville de Paris déplore une opération sans solution, et appelle à un renforcement des moyens d’hébergement d’urgence
- LégifranceCode de l’action sociale et des familles, articles L121-7 et L345-2-2
- Ville de ParisNuit de la Solidarité 2026 : 3 858 personnes sans solution d’hébergement décomptées
- Samusocial de Paris115.paris