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À Saint-Bernard, une plaque là où la porte avait été forcée

Le 26 août, Paris dévoilera une plaque devant l’église Saint-Bernard, trente ans après l’évacuation des sans-papiers et la mobilisation qui a suivi.

Illustration - Église Saint-Bernard et plaque commémorative

Le 26 août, une plaque sera dévoilée au 5-6 rue Saint-Luc, devant l’église Saint-Bernard, dans la Goutte d’Or. La cérémonie commémorera l’évacuation forcée des sans-papiers le 23 août 1996, puis la mobilisation de citoyens venus les soutenir le 26. Elle commencera à 11 heures et la plaque doit être dévoilée à 11 h 30.

L’endroit n’est pas anodin. Le mouvement avait commencé le 18 mars 1996 à Saint-Ambroise, dans le 11e arrondissement, où environ 300 personnes en situation irrégulière réclamaient leur régularisation. Après une première évacuation et plusieurs lieux de refuge, le groupe s’installe à Saint-Bernard le 28 juin. L’église devient alors son point d’ancrage et bientôt son nom : les « sans-papiers de Saint-Bernard ».

Le 23 août, près de 300 personnes se trouvent encore dans l’édifice. Les forces de l’ordre enfoncent la porte à coups de hache et de merlin avant d’évacuer les occupants. La porte forcée devient l’une des images associées à Saint-Bernard. Madjiguène Cissé et Ababacar Diop, les deux porte-parole les plus connus du collectif, deviennent des visages familiers du mouvement. L’INA relève que l’expression « sans-papiers » commence alors à être employée systématiquement dans le débat public.

L’expulsion n’éteint pas la mobilisation. Trois jours plus tard, le 26 août, des soutiens se réunissent encore autour du mouvement. Cette seconde date est elle aussi retenue par la Ville dans la cérémonie de 2026 : la plaque doit rendre hommage à la fois aux personnes évacuées et à celles qui se sont mobilisées pour leurs droits.

La cérémonie elle-même ne sera pas composée uniquement d’élus. Éric Lejoindre, maire du 18e, doit prendre la parole avec Koundenecoun Diallo, porte-parole de la Coordination 75 des sans-papiers. Emmanuel Grégoire, maire de Paris, est annoncé parmi les personnalités présentes.

Trente ans après les images de la porte forcée, Saint-Bernard reste ainsi un lieu où la mémoire d’un conflit national tient dans quelques mètres de rue. Le 26 août, elle gagnera une inscription permanente devant l’église, rue Saint-Luc.

Sources consultées
  1. Ville de Paris PresseCérémonie de dévoilement d’une plaque pour le 30e anniversaire de l’expulsion des sans-papiers de l’église Saint-Bernard
  2. Institut national de l’audiovisuel23 août 1996, évacuation de sans-papiers de l’église Saint-Bernard
  3. Le MondeLes sans-papiers de Saint-Bernard, vingt ans après
  4. Plein droit1996-1997 : l’épopée des Saint-Bernard