
Ce 14 août, dix piscines parisiennes apparaissent fermées sur le tableau de la Ville. Sept le sont pour travaux. Les trois autres relèvent d’une fermeture saisonnière ou de raisons de sécurité. Cette concentration révèle une particularité du réseau parisien : l’été, lorsque la baignade de loisir prend davantage de place, est aussi la meilleure fenêtre pour immobiliser les bassins.
Pendant l’année scolaire, les piscines municipales accueillent aussi les écoles, les clubs et les associations, auxquels une partie des créneaux est réservée. En juillet et août, ces usages diminuent et les horaires destinés au grand public s’élargissent. La Ville a confirmé au Parisien qu’elle privilégiait cette période pour les interventions longues afin de moins pénaliser les scolaires.
Le compromis se voit dans la durée des fermetures. Marie-Marvingt, Jean Taris et Alfred Nakache sont fermées pendant l’essentiel des vacances d’été. Georges Rigal doit rouvrir le 24 août. Henry de Montherlant reste indisponible jusqu’au 13 septembre, Bernard Lafay jusqu’au 27 septembre et Paul Valeyre jusqu’au 8 novembre. Il ne s’agit donc pas d’une simple vidange annuelle concentrée sur quelques jours.
Didot, dans le 14e, montre d’ailleurs la différence. Elle est encore ouverte ce vendredi avant de fermer du 17 au 25 août pour un nettoyage réglementaire. À côté de ces opérations programmées existent aussi des fermetures moins prévisibles : Château des Rentiers est actuellement indisponible pour raisons de sécurité, tout comme Aspirant Dunand depuis la fin juin.
Cette succession d’interventions touche un patrimoine ancien et techniquement exigeant. Lors d’un débat au Conseil de Paris en 2024, l’exécutif municipal rappelait qu’une majorité des piscines datait des années 1970 et 1980. Chauffage, ventilation, qualité de l’air et traitement de l’eau multiplient les équipements à entretenir dans chaque établissement.
Le budget 2026 prévoit 15,6 millions d’euros d’investissement pour les piscines et bains-douches, dont 2,6 millions pour le gros entretien et la rénovation des piscines. Ces sommes ne correspondent pas aux seuls chantiers de cet été, mais donnent l’échelle d’un réseau où les réparations font partie du fonctionnement courant.
Le calendrier traduit donc un arbitrage simple : profiter des vacances scolaires pour travailler sur les bassins réduit les perturbations pendant l’année, mais concentre les fermetures au moment où la piscine devient davantage un loisir. Les baignades estivales ouvertes depuis le 4 juillet ajoutent d’autres lieux où se mettre à l’eau, sans remplacer une ligne de nage pour les habitués. Le 17 août, Didot rejoindra à son tour les piscines fermées.