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Buttes-Chaumont : sous le paysage, un chantier plafonné à 92,9 millions d’euros

Le groupement titulaire prévoit deux ans d’études puis quatre ans de travaux pour consolider les carrières, le lac et les falaises du parc.

Falaises et lac des Buttes-Chaumont

Le lac, l’île, la grotte, les cascades et le front de taille des Buttes-Chaumont se trouvent aujourd’hui dans un vaste périmètre central fermé au public. Sous ces paysages conçus pour paraître naturels, Paris prépare l’un de ses chantiers patrimoniaux les plus importants: six années pour réparer le sous-sol, les ouvrages hydrauliques et les falaises du parc.

Le marché de conception-réalisation a été notifié le 27 janvier 2026 pour une durée de six ans. Sa valeur maximale atteint 92,85 millions d’euros. Le budget primitif parisien pour 2026 inscrit par ailleurs 52 millions d’euros pour les travaux de sécurité et de consolidation. Ces deux chiffres ne doivent pas être additionnés: le premier est le plafond du contrat sur toute sa durée, le second une inscription au budget municipal pour 2026.

En juillet, le Conseil de Paris a autorisé le dépôt des demandes administratives, techniques et réglementaires nécessaires. La restauration doit composer avec plusieurs protections: les Buttes-Chaumont sont classées pour leur caractère pittoresque depuis 1958 et inscrites comme espace boisé classé dans le plan local d’urbanisme parisien.

Cette accumulation de procédures vient de la nature singulière du parc. Ouvert en 1867, il a été modelé sur d’anciennes carrières de gypse. Ses reliefs, son lac, sa grotte et une partie de ses falaises sont des constructions humaines. Or l’eau qui fait le charme du site fragilise aussi la roche lorsqu’elle s’infiltre. Les désordres possibles vont des chutes de blocs aux glissements et aux affaissements.

Depuis 2021, la Ville et le BRGM surveillent donc les pentes, les parois et les maçonneries. Les mesures servent à repérer les mouvements anormaux et à adapter les travaux. La partie centrale des Buttes-Chaumont est ainsi surveillée et entretenue comme un ouvrage complexe: sa stabilité dépend autant de la géologie et du drainage que du travail des jardiniers.

Les dimensions publiées par Soletanche Bachy, membre du groupement chargé du chantier, expliquent une partie du montant. Le programme prévoit notamment 25 000 m³ d’injections dans les anciennes carrières et les zones de dissolution du gypse, un radier de lac de 16 900 m² reposant sur 360 pieux, ainsi que le confortement de 13 000 m² de falaises. Le groupement annonce deux ans d’études de conception à partir de janvier 2026, puis quatre ans de travaux à compter de janvier 2028.

Le chantier doit aussi déterminer quels espaces pourront de nouveau accueillir le public. Dans son bilan de concertation, la Ville retient la réouverture de la grotte et du chemin des Aiguilles, le maintien d’un couvert végétal sur l’île, une meilleure présentation du gypse et davantage d’assises. Elle écarte en revanche les nouveaux équipements sportifs ou ludiques dans la partie centrale, jugés incompatibles avec la biodiversité et le classement du site.

Cette dépense ressemble moins à un embellissement qu’au règlement d’une dette technique sous un décor du XIXe siècle. L’intervention est nécessaire, mais son plafond proche de 93 millions d’euros et sa durée imposent un calendrier public beaucoup plus précis. Une présentation des prochaines étapes est annoncée le 16 septembre à la mairie du 19e. Le phasage des fermetures et les dates de réouverture de la grotte et du chemin des Aiguilles restent, à ce stade, les principales inconnues.

Sources consultées
  1. Mairie du 19e arrondissement de ParisRénovation au parc des Buttes-Chaumont
  2. Bulletin officiel des annonces des marchés publicsAvis d’attribution no 26-14899
  3. Ville de ParisBudget primitif 2026, rapport de présentation, partie 2
  4. BRGM, IPGP et Ville de ParisMonitoring of slopes, rock faces and masonry walls in a 19th century public park
  5. Soletanche Bachy FranceNewsletter no 83, février 2026