Article

Paris relance à prix réduit la vente de l’hôtel Haviland

Invendu à 4,5 millions d’euros en 2025, l’hôtel Haviland revient aux enchères à 3,3 millions. Ses contraintes d’usage compliquent sa reconversion.

Illustration de l’hôtel Haviland

L’hôtel Haviland revient sur le marché. Au 29, avenue de Villiers, dans le 17e arrondissement, la Ville de Paris affiche désormais un prix de départ de 3,3 millions d’euros, honoraires de courtage compris. Les enchères interactives se dérouleront du 15 au 17 septembre 2026, avec des hausses minimales de 15 000 euros. L’offre retenue devra ensuite être approuvée à l’automne. Les candidats peuvent consulter le dossier et préparer leur offre sur la page d’Agorastore.

Ce seuil est inférieur de 1,2 million d’euros à la mise à prix de 4,5 millions fixée lors de l’adjudication d’octobre 2025, restée sans enchère. Les montants ne sont toutefois pas strictement comparables : les 3,3 millions actuels incluent 3,6 % d’honoraires de courtage, tandis que les frais, droits et honoraires de la première vente devaient s’ajouter à la mise à prix. L’écart traduit malgré tout une nette correction après un premier test sans acquéreur.

L’échec peut surprendre. Édifié entre 1880 et 1882 par Jules Février pour le porcelainier Charles-Edward Haviland, le bâtiment prend la forme d’un castel aux briques rouges et noires. Il conserve un grand escalier en bois sculpté, des plafonds à caissons et des menuiseries d’origine. Un mesurage réalisé en 2025 lui attribue 611 m² de plancher, dont 542 m² utiles, auxquels s’ajoute une cour de 56 m². La Ville le décrivait encore en bon état général, même si l’annonce signale une chaudière probablement à remplacer.

Son principal handicap est ailleurs. Le plan local d’urbanisme protège la parcelle et classe actuellement l’immeuble comme équipement d’intérêt collectif et service public. À l’exception du rez-de-chaussée, un nouveau projet devra principalement relever de cette catégorie ou de l’habitation. Une transformation en bureaux n’est donc pas librement ouverte. Le PLU autorise une conversion en logements, mais il faudrait adapter un bâtiment distribué en salles de réception, bureaux, espaces de réunion et locaux techniques.

La vente arrive après une longue série de réaffectations inabouties. L’ancien conservatoire a quitté les lieux en 2013. L’adresse n’avait déjà pas trouvé preneur dans l’appel à projets Réinventer Paris, avant d’accueillir un centre de musique de chambre puis la Maison de l’Europe. Un projet de Maison de la Martinique a ensuite été abandonné. Les clés ont été rendues à la Ville le 7 janvier 2025 et le bâtiment est resté vacant depuis.

Des élus du 17e ont défendu une bibliothèque, une maison associative, une mairie de quartier ou un équipement pour la petite enfance. L’exécutif parisien a rejeté ces pistes, jugeant le bâtiment mal adapté. Une réaffectation publique aurait aussi nécessité des travaux, puis des dépenses durables d’entretien et de fonctionnement.

L’hôtel Haviland figure parmi les ventes prévues pour atteindre les 85 millions d’euros de recettes foncières inscrits au budget parisien de 2026 et destinés à financer l’investissement. Les enchères de septembre diront si le nouveau seuil suffit à compenser les contraintes du bien. Au 29, avenue de Villiers, le futur propriétaire devra composer avec le castel protégé, sa distribution singulière et son grand escalier sculpté.

Sources consultées
  1. Agorastore ImmoAncien Hôtel particulier, 611 m², Paris (75)
  2. Ville de Paris2025 DU 107, déclassement du domaine public communal et cession d’un immeuble 29, avenue de Villiers
  3. Conseil de ParisVœu relatif à la préservation de l’hôtel Haviland
  4. Ville de ParisProjet de budget primitif, exercice 2026