
Le 29 juin, la Seine a atteint 28,2 °C à Bougival, en aval de Paris. Elle affichait encore 26,9 °C le 10 juillet et 27 °C une semaine plus tard. Cette chaleur durable met en lumière les ouvrages qui soutiennent le débit du fleuve pendant la saison sèche.
Entre le 19 et le 26 juillet, le plus faible débit moyen sur trois jours s’est établi à 65 m³/s au pont d’Austerlitz. La Seine était alors sous le seuil de vigilance, fixé à 81 m³/s, et seulement 5 m³/s au-dessus du seuil d’alerte.
Selon la DRIEAT, la stabilité des grandes rivières franciliennes reposait principalement sur le soutien d’étiage des grands lacs de Seine. Quatre lacs-réservoirs situés dans les bassins amont de la Seine, de la Marne, de l’Aube et de l’Yonne peuvent stocker 810 millions de mètres cubes lorsqu’ils sont remplis à leur niveau normal. L’eau accumulée en hiver est restituée à partir de juin.
Ces lâchers ne refroidissent pas la Seine. Ils soutiennent son débit et les usages qui en dépendent, notamment les prélèvements d’eau potable, la navigation et certaines activités industrielles. La réserve doit toutefois être répartie sur toute la saison sèche, qui peut se prolonger jusqu’à l’automne.
L’eau chaude laisse aussi moins de marge à la vie aquatique. Le 29 juin, le SIAAP relevait moins de 3 mg/l d’oxygène dissous à plusieurs stations en aval de Paris. La température influe sur l’oxygène disponible, la croissance et le comportement des organismes aquatiques, sans expliquer seule ces variations, qui dépendent aussi du débit et du fonctionnement biologique du cours d’eau.
La surveillance écologique ne se confond pas avec les contrôles sanitaires qui ont récemment entraîné la fermeture du bras Marie après la détection de traces de fioul.
Le PIREN-Seine estime que les températures de l’air, de la Seine et de la Marne ont augmenté d’environ 1,7 °C par siècle depuis la fin du XIXe siècle. Le pic de 2026 s’inscrit dans cette évolution longue. La gestion des réservoirs, l’assainissement et la surveillance continue aident déjà à en limiter les effets sur le fleuve. Fin juillet, au pont d’Austerlitz, cinq mètres cubes par seconde séparaient encore la Seine du seuil d’alerte.